Dans le cadre du Projet FSRP-KM, Programme de résilience du système alimentaire aux Comores financé par la Banque mondiale, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat, Dr Daniel Ali Bandar, a effectué la semaine dernière, une visite de terrain dans la région de Mitsamihouli afin de constater l’état d’avancement des travaux des fermes agricoles en cours d’implantation.
Au total, 167 exploitations agricoles devront être progressivement mises en place sur l’ensemble du territoire national. Cette initiative vise à renforcer durablement la production nationale et à contribuer significativement à la souveraineté alimentaire du pays.
Portée par le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture, cette stratégie de développement des fermes agricoles ambitionne de promouvoir l’autosuffisance alimentaire tout en stimulant l’économie locale. Déjà opérationnel dans plusieurs régions, le programme encourage les agriculteurs à accroître leur production, avec à terme une orientation vers la transformation et l’exportation des produits agricoles.
À Mitsamihouli, dans les zones montagneuses des villages d’Ivoini, Ouzio et Founga, le projet a déjà pris corps avec la création de trois fermes agricoles : une exploitation de trois hectares et deux autres d’un hectare chacune. Ces domaines agricoles, qui emploient plus de quarante personnes, ont entamé la mise en culture du manioc, une denrée fortement demandée sur le marché local.
La délégation ministérielle a été accueillie par Youssouf Ahamada M’madi, directeur du CRDE Cembenoi, qui a salué cette visite de terrain. Selon lui, le pays est en train de franchir un cap important, passant du concept d’autosuffisance alimentaire à celui de souveraineté alimentaire, avec l’ambition non seulement de produire, mais aussi de transformer et d’exporter. Il a également rappelé le fort potentiel de la région pour la culture du manioc. « Ce programme est très important pour notre pays, car il permet de créer des emplois et de dynamiser l’économie locale. Les résultats obtenus sont encourageants et nous sommes prêts à poursuivre nos efforts pour atteindre nos objectifs », a-t-il déclaré.
Dans le détail, trois fermes de manioc ont été implantées dans la région : une exploitation de trois hectares regroupant 20 bénéficiaires avec 30 000 boutures, et deux autres d’un hectare chacune, bénéficiant à 10 exploitants par ferme. Au total, cinq hectares sont consacrés à la culture du manioc.
Le ministre, Dr Daniel Ali Bandar, s’est félicité de constater que plusieurs exploitations sont déjà en phase de mise en culture, tandis que d’autres poursuivent les travaux de plantation. Il a souligné que la préparation des sols a été correctement réalisée et que les semences sont disponibles. Selon lui, cette mission s’inscrit pleinement dans le cadre du suivi et de l’évaluation du programme. « Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons observé aujourd’hui. Ce projet illustre ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble pour promouvoir le développement économique et améliorer les conditions de vie de nos concitoyens », a-t-il déclaré.
Toutefois, les agriculteurs ont fait part de certaines difficultés, notamment en matière d’accès à l’eau pour l’irrigation. Un défi que le gouvernement entend relever de manière plus soutenue à partir de 2026. Des actions concrètes sont déjà engagées dans la région, notamment en matière de mobilisation de l’eau et d’aménagement de pistes agricoles.
Parmi les bénéficiaires, une jeune agricultrice a témoigné de l’impact social du programme. Après avoir terminé ses études sans trouver d’emploi, elle a rejoint ses parents dans l’exploitation familiale. « Je suis heureuse de pouvoir contribuer à la production de notre ferme et de voir comment notre travail aide à nourrir notre communauté », a-t-elle confié avec fierté.
Avec la poursuite du programme, les autorités prévoient la création de nouveaux emplois et une stimulation accrue de l’économie locale.
Le ministre a rassuré les agriculteurs sur la question de la commercialisation. Selon lui, l’État anticipe déjà la valorisation des productions agricoles, notamment à travers leur transformation. Des mesures sont également à l’étude pour faciliter l’exportation des produits.
« Nous sommes conscients que l’un des principaux défis reste l’accès aux marchés. Nous travaillerons à la mise en place de mécanismes permettant aux agriculteurs de bénéficier de débouchés stables et de meilleurs prix », a-t-il affirmé.
À cet effet, une usine de transformation, destinée notamment à la production de farine, devrait être aménagée d’ici 2026, garantissant ainsi des débouchés durables et fiables pour les producteurs locaux.
Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)
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