La Gazette

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Affaire Zaidou : La gendarmerie a ordonné l’ouverture d’une enquête

Affaire Zaidou :  La gendarmerie a ordonné l’ouverture d’une enquête © : HZK-LGDC

La gendarmerie nationale a ordonné une « enquête de commandement » pour éclaircir l’affaire Zaidou, ce jeune de Nioumadzaha Bambao qui a affirmé avoir subi des sévices corporels, humiliation et brimades par des gendarmes à l’escadron de gendarmerie de Mde.


Vers la fin de l’impunité policière ? Nous avons appris de sources autorisées que le commandement de la gendarmerie a ordonné l’ouverture d’une « enquête de commandement » pour faire la lumière sur l’affaire Zaidou, ce jeune d’une trentaine d’années originaire de Nioumadzaha dans la région de Bambao, qui a affirmé dans une vidéo avoir subi des sévices corporels, humiliation et brimades par des gendarmes à l’escadron de gendarmerie de Mde où il a été détenu pendant une semaine pour s’être opposé aux diktats de son village qui a interdit aux hommes de marcher en côte-à-côte à l’intérieur du village avec leurs petites amies originaires d’autres villages, entre autres.

 

L’enquête est en cours. « Pour l’instant nous vérifions la véracité des faits [reprochés à des gendarmes]. Après quoi nous passerons à la phase identification des auteurs [des sévices physiques] », nous confie un de nos interlocuteurs. L’enquête peut prendre « plusieurs semaines » avant l’établissement du rapport final d’enquête qui sera soumis à la hiérarchie pour décider les mesures appropriées, selon une autre source militaire. 

 

Pour rappel, Zaidou a été « arrêté » par un comité de son village et conduit à l’escadron de Mde le vendredi 18 juin dernier. Il y restera une semaine. « Aussitôt arrivé ils m’ont demandé d’enlever ma chemise et m’ont agenouillé. On m’a demandé le délit que j’aurais commis pour être emmené là-bas. A peine j’ai eu le temps de prononcer les premiers mots de ma réponse que les gendarmes se sont mis à me frapper. Des coups de poings et de matraques. Ils m’ont versé de l’eau, m’ont forcé à ramper, aller et revenir à plusieurs reprises dans une distance d’à peine six mètres…Du vendredi 18 au mercredi 23 juin, j’avais les deux pieds menottés », a témoigné deux jours après son relâchement celui qui présentait encore des stigmates sur ses deux pieds, son genou, son dos et son épaule selon les images de Fcbk FM qui l’a interviewé.

 

Quelques minutes avant son « arrestation », Zaidou avait appelé les jeunes comme lui à se réunir au terrain de foot de Nioumadzaha pour discuter des décisions prises. Son initiative est perçue comme « un défi » à l’endroit de son village. En février 2017, à la suite des échauffourées au lycée de Moroni, l’enquête qui a été ouverte avait abouti à la radiation et à la rétrogradation des militaires auteurs des bavures policières commises sur des élèves. L’initiative était venue du chef de l’État lui-même selon nos informations.

 

Andjouza Abouheir

 


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