La Gazette

des Comores

Affaire Sambi : Le cri du cœur de six anciens Premiers ministres à Azali Assoumani

Affaire Sambi :  Le cri du cœur de six anciens Premiers ministres à Azali Assoumani © : HZK-LGDC

Alors que la contre-expertise médicale autour de l'état de santé d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi fait l'objet d'une vive polémique entre le parquet et le corps médical, le débat se déplace désormais sur le terrain politique. Dans une démarche inédite en date du 26 mai 2026, six anciens Premiers ministres ont brisé le silence en adressant une lettre collective au président Azali Assoumani, pour demander l'évacuation sanitaire de l'ancien chef de l'État.


Face à la dégradation préoccupante de la santé de l'ancien président, détenu depuis plusieurs années, la pression s'accentue sur le palais de Beit-Salam. Les anciens chefs de gouvernement, Ahmed Ben Cheikh Attoumani (juin 1993 - janvier1994, Bianrifi Tarmidhi (décembre 1999 - novembre 2000), Caabi Elyachroutu Mohamed (avril - octobre 1995), Hamada Madi « Bolero » (novembre 2000 - mai 2022), Mohamed Abdou Madi (janvier - octobre 1994) et Said Ali Mohamed (octobre 1995 - mars 1996), ont choisi de placer leur démarche sous le sceau exclusif de l'urgence humanitaire.

 

Dans cette correspondance, les signataires prennent soin de préciser qu'ils ne souhaitent en rien interférer avec les procédures judiciaires en cours. Ils en appellent plutôt à des valeurs supérieures : « Au-delà de tout y compris des procédures judiciaires [...], il est une valeur qui transcende nos institutions et notre histoire : l'humanité », écrivent-ils, tout en adossant leur démarche aux préceptes de l'Islam et aux traditions comoriennes qui commandent « la compassion envers le malade » et « le respect dû à la dignité d'un ancien chef d'État ».

 

Les six anciens Premiers ministres exhortent respectueusement le président Azali Assoumani à user de son « pouvoir discrétionnaire » pour accorder une mesure de clémence. L'objectif est clair : permettre à Sambi de se faire soigner à l'étranger, tout en acceptant « toutes les garanties de retour que la justice jugera nécessaires ». Pour les signataires, accorder cette évacuation ne serait pas un signe de faiblesse, mais bien « un geste fort de réconciliation nationale et de grandeur » capable d'apaiser de nombreuses familles comoriennes dans un climat social déjà lourdement tendu par les récentes révélations médicales. Reste à savoir si le chef de l'État se montrera sensible à cet appel historique à la compassion, au moment même où les vrais rapports médicaux des spécialistes sont attendus pour sceller le destin d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

 

Nassuf Ben Amad

 


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