La Gazette

des Comores

Affaire ONICOR : Les commerçants suspendent leur sit-in

Affaire ONICOR :  Les commerçants suspendent leur sit-in © : HZK-LGDC

Des dizaines de commerçants ont observé un sit-in devant le siège de l’ONICOR, à Moroni, les 18 et 19 juin dernier, afin d’exiger la livraison de leurs commandes de riz ou le remboursement des sommes versées dans un dossier qui s’enlise depuis plusieurs années.


La mobilisation, qui s’est étendue sur deux nuits consécutives, a mis en évidence la détermination des manifestants. Assis ou allongés à même le sol, ils dénonçaient une situation qu’ils jugent inacceptable, marquée par des promesses non tenues et une absence de réponses concrètes. « Nous sommes dans cette affaire depuis des années. Nous avons payé, mais nous n’avons rien reçu », déclare Salim S., commerçant, visiblement éprouvé. « Ce que nous demandons est simple, notre marchandise ou notre argent », a ajouté un autre participant. Selon les protestataires, les paiements effectués auprès de l’Office national d’importation et de commercialisation du riz (ONICOR) n’ont jamais été suivis d’effet.

« On nous a promis des conteneurs de riz, mais jusqu’à aujourd’hui, rien de concret », a affirmé l’un d’eux. La frustration s’est accentuée au fil des heures. D’après un témoignage recueilli sur place, « jeudi vers 18 heures, le cortège du président est passé devant nous sans s’arrêter ». Le lendemain matin, « quatre véhicules de ministres ont également traversé la zone ». « Nous pensions qu’ils allaient au moins s’arrêter ou s’enquérir de la situation, mais rien du tout », avait regretté un manifestant. Au-delà des pertes financières, les commerçants évoquent un profond sentiment d’abandon. « C’est du mépris. On ne peut pas traiter des citoyens de cette manière », a lancé Halima M., manifestante. « Nous sommes désespérés, on a l’impression que personne ne pense à nous », confie un autre participant.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle de l’ONICOR n’a été faite concernant ce dossier, selon les manifestants. « Nous n’avons reçu ni explication, ni calendrier de règlement », déplore l’un d’eux. L’absence de solution concrète a alimenté les critiques visant le gouvernement et les ministères de l’Économie et des Finances, ayant la tutelle de l’établissement. « Nous n’avons aucune réponse claire. Nous voulons des engagements précis, pas des paroles », a insisté une commerçante. Une évolution est toutefois intervenue à l’issue de cette mobilisation. Selon plusieurs témoignages, des responsables ont proposé l’émission d’un chèque dont l’effectivité serait prévue à partir du 30 juin, conduisant les commerçants à suspendre leur sit-in le samedi 20 juin.

D’abord rejetée, la proposition a suscité une forte méfiance. « Nous avons refusé au départ, parce que nous avons trop entendu de promesses sans suite », nous a expliqué un manifestant. Mais l’intervention d’un membre du SYNACO a contribué à faire évoluer les positions. « Il nous a conseillé d’accepter pour ne pas aggraver la situation et d’attendre jusqu’au 30 juin pour juger sur les faits », indique notre interlocuteur. Les concernés ont finalement accepté cette option, tout en restant prudents. « Nous attendons maintenant de voir si cet engagement sera respecté », a-t-il précisé. Entre soulagement provisoire et scepticisme, les commerçants restent suspendus à l’échéance annoncée, dans un climat de méfiance nourri par des années d’attente.

Mohamed Ali Nasra


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.