L’établissement d’enseignement privé ENOUMECO, institution bien connue de Moroni, est au cœur d'un scandale après l’expulsion brutale d’une élève de CP pour un retard de paiement. Au-delà du manquement pédagogique, l’école est accusée d’avoir gravement failli à son obligation élémentaire de sécurité. Face à ce qu’il qualifie de traitement inhumain, le père de l’enfant brise le silence.
Le témoignage de Hassani Ibrahim est glaçant. Le 8 janvier, suite à un retard d’écolage lié à une situation professionnelle précaire, sa fille de 5 ans a été mise à la porte de sa classe. Mais l’indignation du père porte surtout sur le délaissement total de l'enfant : « Au lieu de me contacter pour que je vienne la chercher, l’école l’a jetée seule dans la cour, sans aucune surveillance », dénonce cet ancien cadre du ministère des Affaires étrangères.
À son arrivée, le spectacle est traumatisant : « J’ai trouvé ma fille aux mains d'enfants plus âgés qui la tenaient les pieds en l'air et la tête en bas. Elle a été livrée à elle-même, exposée à une mise en danger physique et à un traumatisme psychologique grave, sous le regard indifférent d'une administration qui prétend éduquer. Nos enfants ne sont pas des marchandises. Je refuse que l'on traite un être humain de 5 ans comme une variable d'ajustement financière », martèle-t-il, précisant avoir déjà saisi les autorités compétentes.
Ce drame semble lever le voile sur des pratiques systémiques au sein de l'établissement. Sur la toile, les langues se délient. Un internaute relate qu’un autre élève aurait été enfermé dans une pièce à proximité d'un groupe électrogène, manquant de mourir asphyxié par les émanations de gaz. D'autres voix rappellent des retraits d'élèves par le passé, motivés par des contenus pédagogiques jugés inappropriés. Tout porte à croire qu'ENOUMECO a progressivement sacrifié les valeurs de respect et de dignité humaine sur l'autel de la rentabilité.
Face à la gravité des faits, la réponse de la direction a choqué par sa froideur. Loin de présenter des excuses ou d'initier une enquête interne, l’école s'est retranchée derrière son « honneur de 30 ans » et a menacé le père de poursuites pour diffamation. L’annonce d’un « hitma coranique » pour « nier et rejeter les accusations » a été perçue par l'opinion publique comme un bouclier spirituel détourné pour masquer des failles administratives béantes.
Cette stratégie de défense a eu l'effet inverse, jetant de l'huile sur le feu des réseaux sociaux. « Un parent qui s’exprime pour protéger son enfant doit être écouté, et non intimidé. La sécurité des enfants doit toujours primer sur la réputation d’un établissement », commente un internaute. Un autre interpelle directement la direction : « Au lieu de vous corriger, de voir les failles et de présenter des excuses, vous prenez le Coran comme bouclier. Ouvrez les yeux, cela vous aidera à vous améliorer. » L'affaire est désormais entre les mains des autorités de l'enseignement privé, dont l'intervention est attendue pour garantir que l'école redevienne un sanctuaire et non un lieu de danger.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC