L'entrepreneur Mahmoud Ali Mohamed balaie d'un revers de la main les accusations selon lesquelles, le procès qu'il a intenté contre deux anciens vice-présidents est politique. Le patron de l'entreprise CBE nie toute manipulation sur cette affaire. Son avocat dénonce quant à lui la posture prise par ses confrères.
Quelques jours après avoir fait l’objet des vives critiques des partisans des anciens vice-présidents Mohamed Ali Soilih et Nourdine Bourhane, le patron de l'entreprise CBE rend à son tour l’assesseur. En réponse aux leaders du parti Updc qui ont crié à l’infamie et à une requête politique le fait d'assigner en justice les deux ténors du régime Ikililou, Mahmoud Ali Mohamed semble être imperturbable. « Ce n'est pas une affaire politique et je ne suis pas manipulé par quiconque », a-t-il tenu à préciser.
Droit dans ses bottes, le gérant de l'entreprise de terrassement avance qu'il est tout à fait dans son droit de formuler une requête s'il s'estime l’aisé dans son domaine. « J'estime qu'il est dans mon droit de saisir la justice dès lors que les dispositions régissant le code des marchés publics ont été sciemment ignorées », a-t-il indiqué. D'après-lui personne est justiciable : « je ne vois aucune complication dans cette affaire, dit-il, ces vice-présidents sont des citoyens comme nous avant tout. S'ils ont failli, il faut qu'ils s'expliquent ».
Et de continuer : « dans notre requête on n'a pas dit que le fonds alloué est nettement supérieur par rapport au volume du travail. On ne dit pas que les réfections des nids de poule à Mbadjini ont une valeur de 1,4 milliards fc. Moi même je ne soulève pas les voyages faits dans des jets privés et des maisons construits à Itsandra qu'ils ont un lien avec ces affaires. Mais ce que je veux dire, vous avez (les accusés) signé un contrat en violation des textes du code des marchés. J'ai donc saisi la justice. A eux de venir s'exprimer et étaler les preuves de leur non culpabilité ».
Des propos renchéris par son avocat Me Moudjahide qui sort les dispositifs de l'article 187 qui exigent réparation pour « toute personne qui aura subi un dommage résultant d'un acte de corruption ou une violation d'une disposition de la présente loi », parlant de la loi régissant le code des marchés.
Tout comme son client, Me Moudjahid déplore « la posture prise par certains confrères », qui n'ont pas à l'en croire pris connaissance du dossier avant de se prononcer dans cette affaire. Dans cette conférence de presse tenue ce mercredi, le patron de l'entreprise CBE a profité de l'occasion pour répondre à des accusations absurdes et des explications mal fagotées par Me Baco, Adamo et Youusouf Boina de l'Updc. M. Mahamoud a nié toute faveur obtenu de l'État. « Tous les marchés que j'ai gagnés, je les ai remportés par appel d'offres. Je n’ai jamais eu un marché de gré à gré avec aucun gouvernement », a-t-il dit.
Il redoute par contre que l'affaire soit étouffée et regrette que le report de l'audience ne soit pas motivé. « Nous attendons l’enrôlement de l'affaire. Nous ferons tout ce qu'il faut et s'il s'agit d'aller à la cour suprême pour déni de justice, nous irons et même à la cour constitutionnelle pour violation d’un droit fondamental », a martelé Me Moudjahid.
Maoulida Mbaé
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