La presse a décidé de ne pas écouter les déclarations du ministère des transports et de l’aviation civile dans la crise AB-Aviation/Anacm. La cause, le ministère a menti sur la présence du vice-président en charge des transports pour qui les journalistes avaient préparé un tas de questions sur la non exécution des décisions prises le jeudi 2 mars, au nom de l’Etat.
Une chose rarissime dans l’histoire de la presse comorienne. Dans la salle de conférence de l’Anacm, une figure rare apparaissait devant les journalistes : le directeur général de l’Anacm qui n’a jamais daigné répondre aux questions des journalistes depuis le début de cette crise entre Ab-Aviation et l’aviation civile dont il est le puissant patron. Il y avait aussi un agent de l’organisation internationale de l’aviation civile (OACI) dont on ignore s’il avait mandat de représenter son organisme à une telle rencontre.
Mais également, le secrétaire général du ministère des transports. C’est à ce dernier que s’adressera le journaliste de La Gazette des Comores, Toufé Maecha, au nom de ses confrères : « Monsieur le secrétaire général, je dois vous faire part de notre décision, mes confrères journalistes ici présents, de ne pas couvrir cette conférence tant que le vice-président n’y est pas », a-t-il averti.
« Nous avons fait le pied de grue devant la porte du vice-président pendant 5 heures de temps cet matin pour obtenir des explication par rapport à la décision qu’il avait prise au nom de l’Etat le jeudi 2 mars dernier », a renchéri un confrère d’Al-watwan, Ali Abdou, appuyé par Nakidine Hassane d’Al-fajr.
Toufé Maecha et son confère Ali Abdou ont tenu à rappeler que c’était l’assistante du vice-président qui leur a annoncé le matin la présence de son chef à la conférence. Et ce après qu’ils aient insisté de le voir, ce matin dans son bureau à la suite d’une réunion sur cette affaire.
Si le ton est monté entre les deux parties, c’était en partie à cause de l’annonce fait qu’il s’agissait d’un point de presse. Autrement dit, les journalistes n’auraient droit à aucune question. Ils devraient se contenter de reporter ce qu’ils auraient entendu. « Puisque vous refusez de nous écouter, alors ne commentez pas cette affaire », a mis en garde le secrétaire général qui décidera d’opter pour un communiqué de presse.
L’affaire déborde de la salle de conférence de l’Anacm. Aussitôt à l’extérieur, le tonitruant journaliste d’Al-fajr a balancé sur sa page Facebook que « la presse veut des explications du gouvernement dans cette affaire et la déclaration d’un DG qui ne respecte pas les institutions de l'État ».
Ibnou M. Abdou
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