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des Comores

Accueil compliqué de la diaspora à l’aéroport : L’État présente ses excuses et promet des améliorations

Accueil compliqué de la diaspora à l’aéroport : L’État présente ses excuses et promet des améliorations © : HZK-LGDC

Sous la pression de nombreux voyageurs comoriens venus de l’étranger, le gouvernement a reconnu, vendredi 1er août, des « insuffisances regrettables » dans la gestion de l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim. Une reconnaissance rare, accompagnée d’une promesse ferme : améliorer rapidement les conditions d’accueil et moderniser les infrastructures.


C’est un signal fort que les autorités ont voulu envoyer. Depuis plusieurs semaines, les plaintes s’accumulaient sur les réseaux sociaux et au sein de la diaspora, dénonçant des dysfonctionnements à répétition dans la principale porte d’entrée du pays. Cette fois, l’exécutif a choisi de répondre publiquement. Lors d’un point de presse, Youssouf Mohamed Ali, directeur de cabinet du chef de l’État chargé de la défense, a adopté un ton conciliant mais déterminé : « Nous sommes conscients que l’expérience vécue par certains voyageurs ces derniers jours a été difficile. Nous tenons à leur présenter nos excuses. » Des mots inhabituels dans le paysage institutionnel comorien, perçus comme une tentative d’apaiser la colère croissante de la diaspora, très attachée à son pays mais souvent déçue par la qualité des services publics.

Au cœur des problèmes : le passage de relais entre l’ancienne et la nouvelle société en charge de la gestion de l’aéroport, récemment confiée à un opérateur émirati. Cette période de transition aurait engendré retards, manque d’organisation, difficultés d’embarquement et pénurie de personnel informé – autant de dysfonctionnements qui ont frappé de plein fouet les passagers en plein pic des vacances d’été. Sur les réseaux, plusieurs témoignages ont illustré l’ampleur du malaise : files interminables, attente sous un soleil de plomb, passagers contraints de marcher sur le tarmac avec leurs valises. « Je venais retrouver ma famille après deux ans. J’ai eu l’impression d’arriver dans un chantier inachevé », raconte Salma Aboubacar, 32 ans, arrivée de Marseille avec ses deux enfants. Pour beaucoup de Comoriens de l’étranger, l’aéroport de Moroni est la première image du pays après plusieurs mois ou années d’absence, parfois un choc. « C’est triste de commencer ses vacances par un tel stress. On aime ce pays, mais on mérite d’être accueillis dignement », confie Idriss Saindou, trentenaire installé à Paris.

Face à cette grogne, le gouvernement a annoncé des mesures provisoires. Deux bus viennent d’être mobilisés pour assurer la navette entre le tarmac et l’aérogare, un service jusqu’ici inexistant. D’autres ajustements logistiques sont en cours, sur instruction directe du président Azali Assoumani. Mais l’exécutif veut surtout rassurer sur le long terme. Un vaste projet de modernisation de l’aéroport est en préparation : extension des pistes, rénovation du terminal, équipements renforcés. L’ambition affichée : faire de Prince Saïd Ibrahim une plateforme « à la hauteur de la place géostratégique des Comores dans l’océan Indien ». « L’an prochain, ce type de problème ne se reproduira pas », a assuré Youssouf Mohamed Ali.

Au-delà des infrastructures, cette crise met en lumière un enjeu plus profond : la relation entre l’État et la diaspora. Les Comoriens de l’étranger soutiennent largement l’économie nationale à travers leurs transferts de fonds et leurs investissements. En retour, ils attendent un minimum d’attention et de respect. « Nous voulons simplement que notre pays nous accueille comme nous le méritons. Ce n’est pas une faveur, c’est du respect », résume Hamada Mze Ali, retraité installé à Lyon depuis vingt ans. Pour l’heure, la balle est dans le camp des autorités. Les excuses ont été posées sur la table ; reste à voir si elles seront suivies d’actes concrets sur le tarmac de Moroni, et dans les cœurs.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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