La Gazette

des Comores

Accord de Fomboni du 17 février: Un 25e anniversaire célébré sous haute surveillance

Accord de Fomboni du 17 février: Un 25e anniversaire célébré sous haute surveillance © : HZK-LGDC

Pour la première fois, les autorités de l’État ont officiellement commémoré, ce mardi 17 février, le 25e anniversaire de l’Accord-cadre de réconciliation nationale signé en 2001 à Fomboni. Une célébration marquée par un important dispositif sécuritaire, une faible mobilisation locale et un climat de vive controverse avec l’opposition à Mohéli.


La capitale de Mohéli a vécu, ce mardi, une journée particulière à l’occasion du 25e anniversaire de l’Accord-cadre de Fomboni, signé le 17 février 2001, qui avait ouvert la voie à la sortie de la crise séparatiste ayant secoué l’archipel entre 1997 et 2001. Pour cette première commémoration officiellement organisée par l’État, les autorités n’ont pas lésiné sur les moyens. Plusieurs contingents de forces de l’ordre ont été déployés sur l’île depuis quatre jours, plaçant Fomboni sous très haute surveillance. Des participants ont également été mobilisés depuis Moroni et Mutsamudu afin d’assurer une forte mobilisation populaire à la cérémonie. Malgré ce dispositif, la mobilisation locale est restée faible.

La célébration s’est tenue dans un contexte particulièrement tendu entre le pouvoir central et l’opposition de Mohéli, réunie autour du Mouvement du 17 février et de l’Opposition Unie de Mwali (OUM). Cette dernière organise traditionnellement, chaque année, une commémoration distincte de la signature de l’accord. Mais cette fois-ci, elle a renoncé à son rassemblement, tout en appelant ses partisans à rester chez eux. Dans les jours précédant l’événement, cinq adolescents de Djoiezi ont été interpellés, soupçonnés d’avoir érigé des barricades. Ils ont passé plusieurs heures à la gendarmerie, en présence de leurs parents, avant d’être relâchés. À Bangoma ainsi qu’à Salamani, un quartier de Fomboni, des domiciles privés ont également été perquisitionnés. Selon des sources locales, les forces de l’ordre recherchaient notamment des T-shirts qui auraient été confectionnés dans le but de boycotter la cérémonie.

Pour les responsables de l’opposition, le président Azali Assoumani et son équipe n’auraient pas la légitimité de célébrer l’Accord-cadre de Fomboni. Ils estiment que ce texte fondateur, qui a servi de base à la Constitution de 2001 instituant une large autonomie des îles et la présidence tournante, aurait été vidé de sa substance par les réformes engagées ces dernières années. Au cours de la cérémonie, plusieurs intervenants, dont des représentants de l’Union africaine, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et du système des Nations unies, ont salué le rôle déterminant de l’Accord-cadre dans la préservation de l’unité nationale et la stabilisation de l’État comorien après quatre années de crise séparatiste à Anjouan.

Un film documentaire retraçant les grandes étapes du processus de réconciliation nationale a été projeté sur écran géant devant le public. Dans son discours, le chef de l’État, Azali Assoumani, s’est directement adressé à l’opposition :« La fête du 17 février n’est pas la vôtre, elle nous appartient et nous l’avons récupérée. Aucun de vous, d’ailleurs, n’a été signataire de l’accord. Pourquoi ne venez-vous pas la célébrer avec nous ? », a-t-il lancé. Le président a également promis que le tour de l’île d’Anjouan à la présidence interviendrait en 2029, « dans la paix », tout en saluant la capacité du pays à organiser, depuis 2002, des alternances régulières tous les 26 mai. La commémoration s’est achevée par la coupure du ruban inaugurant une stèle érigée à la mémoire de la réconciliation nationale, symbole, selon les autorités, d’un tournant décisif de l’histoire politique des Comores.

Riwad

 


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