Après l’affaire des audios de l’ancien maire de Moroni, Abdoulfatah Said, les grands sages et notables des cinq quartiers de la capitale se sont réunis lundi 5 octobre au foyer de Djoumoïmdji pour prendre une décision. À l’issue de cette réunion, Abdoulfatah Saïd a été banni pour une durée d’un an des festivités culturelles et traditionnelles de la ville.
L’intéressé avait pourtant présenté ses excuses à une précédente rencontre de notables et responsables de la ville. Mais cette démarche n’a pas suffi à apaiser la situation. Les grands sages et notables de Moroni ont estimé qu’une sanction était nécessaire au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés, relatifs à des propos qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Ainsi, le 5 octobre dernier, ils se sont réunis au foyer de Djoumoïmdji pour prononcer le bannissement de l’ancien député et ancien maire de Moroni. Pendant un an, Abdoulfatah Saïd ne pourra donc pas participer aux festivités culturelles et traditionnelles organisées dans la capitale. « Comme vous le savez, il y a eu un conflit entre deux membres d’une même famille. Car c’est le beau-frère et le mari de sa sœur. Un audio d’un ancien maire de Moroni a circulé sur les réseaux sociaux, portant atteinte à l’honneur d’une femme. Des propos indécents qui ne lui ressemblent pas et qui ont éclaboussé la famille. À cet effet, les sages et notables de notre ville se sont réunis aujourd’hui pour prendre une décision sur cette affaire », a expliqué Mohamed Said Abdallah Mchagama en introduction de la réunion.
De son côté, Sultan Chouzour a justifié avec la décision prise par les notables. « Avant d’être des hommes adultes, nous étions des enfants, et ce sont nos mamans qui nous ont donné la vie, par la grâce de Dieu. Elles nous ont élevés et éduqués. Cela suffit pour respecter les femmes, surtout dans un pays comme le nôtre. La femme mérite beaucoup de respect. Ce qui s’est passé ne peut pas nous laisser indifférents. Certes, Abdoulfatah Saïd a présenté ses excuses aux notables et responsables de Moroni. Mais cela ne suffit pas, car ces propos étaient très choquants, inadmissibles. Il a donc fallu que nous prenions une sanction. Cette sanction consiste à le bannir pendant un an. Il ne peut pas être présent dans les festivités culturelles et traditionnelles ». L’ancien ambassadeur a toutefois précisé que le bannissement n’est pas une pratique habituelle à Moroni. Selon lui, les circonstances de cette affaire ont conduit les notables à prendre une mesure exceptionnelle. Il a également indiqué que le beau-frère avait lui aussi été banni, sans toutefois préciser la durée de cette sanction. Il a par ailleurs souligné que, compte tenu des excuses présentées par Abdoulfatah Saïd, la durée du bannissement pourrait être réduite de douze à six mois. Tout dépendra, selon lui, de l’évolution de la situation et du comportement de l’ancien maire de Moroni.
De son côté, Hassane El Barwane a tenu à rappeler que cette décision n’était motivée par aucune volonté d’hostilité. « Ce n’est pas de la haine envers qui que ce soit. Les notables présents n’ont pas pris cette décision par position personnelle. Abdoulfatah Saïd est un enfant de Moroni. Il est bien aimé par la ville. Nous l’avons élu député, puis maire de Moroni. Il représente notre ville. Mais cette décision est prise pour préserver l’image de notre ville et, surtout, trouver une solution structurante pour la famille, et éviter que de tels actes se reproduisent dans l’avenir ». La sanction prononcée par les sages et notables de Moroni prend donc effet pour une durée d’un an, avec la possibilité d’un réexamen après six mois, en fonction de l’évolution de la situation.
Nassuf Ben Amad
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