Le 10 février 2015, Mistoudjé a vécu une journée tragique. Des éléments de l’Armée nationale de développement (AND) ont fusillé une dizaine de jeunes et le bilan était lourd. Une enquête a été ouverte depuis. 5 ans après, aucune progression.
Cinq années ont passé depuis que les éléments de l’AND, branche FCD, ont fait une descente à Mitsoudjé et fusillé des jeunes pour une histoire d’alcool artisanal. Le bilan était lourd ! Plus ou moins sept jeunes étaient blessés dont trois grièvement. Certains sont évacués à l’extérieur et vivront jusqu’à la fin de leurs jours avec une infirmité.
Mohamed Ali Mgomdri, chargé de communication de la cellule de crise est revenu sur les deux jours (9 et 10 février 2015). « Les 9 et 10 février constituent les moments forts de cette crise. Le premier jour, suite aux barricades érigées sur toute l’île, l’AND est venue à Mitsoudjé et on pensait que l’objectif était d’enlever les barricades et permettre une libre circulation. Mais ce n’était pas le cas. Ils étaient là pour une mission inconnue », se rappelle-t-il, non sans amertume.
« Résultat, un mur de protection à la place de Bagani a été détruit par l’AND et des jeunes ont été arrêtés puis libérés quelques heures après. Et le 10 février, on a vécu une journée tragique car on a eu une douzaine de blessé dont trois étaient dans un état grave. Ces jeunes étaient victimes, d’une affaire de Trembo (de l’alcool artisanal, Ndlr) dont ils ignoraient ». Côté enquête, Mohamed Ali Mgomdri admet qu’elle est au point mort et pourtant le dossier se trouve toujours à la justice.
« Au lendemain de la fusillade, une plainte a été déposée au parquet de Moroni. La Cellule a coordonné ce dépôt qui été effectué par les victimes par l’intermédiaire des parents ou tuteurs. C’était le cabinet de Maître Fahami Said Ibrahim qui était chargé de défendre l’affaire », indique-t-il.
« L’enquête n’a pas progressé, et nous ne sommes pas en mesure de dire le pourquoi. Personnellement, je pense qu’il y a eu une volonté politique de casser l’enquête parce que ces militaires seraient obligés d’incriminer leur chef, ce qui fragiliserait l’institution militaire », poursuit notre interlocuteur. Et d’ajouter que « par analyse personnelle, je pense que c’est le pouvoir qui a demandé à la justice d’étouffer l’affaire. Parce que c’est une affaire qui allait avoir des conséquences graves, par rapport à l’unité de l’armée et même à l’honneur militaire ».
Nassuf Ben Amad
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