Les Comores continuent à perdre des points au classement mondial sur la liberté de presse établi chaque année par RSF. Un sujet au centre des préoccupations de la presse comorienne, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai.
La journée mondiale de la liberté de la presse a été célébrée ce 03 mai sur l’ensemble du territoire. Pour cette année et en fonction du thème choisi, « l’information comme bien public », les journalistes ont jugé opportun de revenir sur la chute vertigineuse par le secteur et ainsi demander aux pouvoirs publics de rectifier le tir. Dans son allocution, Chamsoudine Said Mhadji, président par intérim du Syndicat national des journalistes (SNJC) a rappelé que les conditions fondamentales de travail des journalistes comoriens sont « mises à rude épreuve ».
« Dans le classement mondial de la liberté de la presse édition 2021, réalisé par Reporters Sans Frontières (RSF), les Comores ont perdu 9 places. Une chute immense qui s’ajoute aux 19 places perdues l’année dernière. Pour ceux qui s’interrogent sur les raisons de ce recul alarmant de la liberté de la presse dans notre pays, en voici les causes : agressions, arrestations, intimidations, censures pour ne citer que celles-là », a-t-il dit. Le SNJC a pris en exemple le cas du journaliste Oubeidillah Mchangama qui, à quelques jours de cette date mémorable du 3 mai, s’était fait arrêter une énième fois.
« Il est devenu la cible numéro 1 des autorités. Victime d’au minimum une arrestation par trimestre, il est le symbole d’une volonté politique flagrante d’étouffer certains points d’actualités. Bien qu’il soit souvent le seul à être enfermé, ces arrestations chroniques contribuent à entretenir un climat de menaces sur l’ensemble de la profession. Le message est clair : il faut faire taire les journalistes. Et les instances internationales en charge de veiller aux droits de la presse l'ont entendu. C’est pourquoi cette année encore, les Comores sont pointées du doigt », a-t-il poursuivi dans son réquisitoire contre l’autorité publique.
Cette colère vis-à-vis de ceux qui répercutent sans cesse l’exercice de ce métier, les journalistes l’ont exprimée également à travers les pancartes et autres banderoles. Et face à la multiplication des organes de presse, le Syndicat « encourage les patrons des médias privés et publics à veiller à la régularisation des situations de salaires des journalistes ». « Il est inadmissible que des medias légalement reconnus exploitent des journalistes pendant des années sans salaire ni contrat de travail. Le SNJC va employer les moyens nécessaires pour défendre les journalistes syndiqués ».
Cette journée du 3 mai n’a rien d’une fête. Elle est une journée qui marque les droits d’informer librement et c’est sur ces faits que « le Syndicat national des journalistes aux Comores, exhorte les autorités à mettre à la disposition de la commission nationale de distribution de la carte de presse, les moyens lui permettant de parachever la distribution de ce fameux sésame qui, conformément au code de l’information détermine le statut du journaliste comorien ».
A.O Yazid
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC