Une vingtaine de journalistes comoriens se trouvent depuis lundi dernier à l'American Corner pour une formation d'une semaine sur le journalisme de solution aux Comores. Cette formation a pour but de promouvoir la liberté d’expression et d’information pour renforcer le pluralisme des opinions et la démocratie.
La formation sur le journalisme de solution (JoSo) vient d'être lancée à Moroni depuis lundi dernier au centre American Corner. Ils sont 20 journalistes de la place issus de la presse écrite et audiovisuelle à bénéficier de cette formation de 5 jours. « C’est une pratique journalistique née en 1990 aux Etats-Unis et qui gagne actuellement les professionnels de l’ensemble des organes de presse dans plusieurs coins du monde », indique Ahmed Bacar, journaliste de carrière initiateur de cette formation financée par l'ambassade des Etat Unis aux Comores et Madagascar à hauteur de 13.000 dollars sur une période d’un an (octobre 2021 à septembre 2022). « Le journalisme de solutions est une approche de la pratique des médias qui se concentre sur les réponses aux problèmes sociaux. Il consiste à présenter des solutions à ces problèmes, à voir comment et pourquoi les réponses fonctionnent ou ne fonctionnent pas », précise-t-il.
Ce dernier montre que de tels projets ont pour objectifs de promouvoir la liberté d’expression et d’information aux Comores dans le but de renforcer le pluralisme des opinions et la démocratie. D'après lui, le simple fait de rapporter des problèmes, selon certaines recherches, peut réduire le sentiment d'efficacité des citoyens, les conduisant à se désengager de la vie publique. Dans une étude de 2008, Associated Press a constaté que les jeunes étaient fatigués des nouvelles, qu'ils considéraient comme négatives. Cela a entraîné une «fatigue des informations», dans laquelle les gens avaient tendance à se déconnecter des médias d'information plutôt qu'à s'engager.
Du lundi au vendredi, les bénéficiaires de cette formation ont droit chaque jour à deux modules dispensés par deux encadreurs Comores. Il s’agit d’Ali Moindjié, journaliste et ancien directeur général du quotidien Al-Balad pour la partie théorie et Saïd Hassane, spécialisé en image, partie technique. « L'objectif de ces deux module est de permettre aux bénéficiaires de cette formation de pouvoir faire son reportage tout seul. Actuellement, le monde a besoin d'un journaliste polyvalent qui puisse aller sur le terrain et monter son reportage sans hésitation », souligne Ahmed Bacar qui reste optimiste qu'après 5 jours de formation, les 20 journalistes seront capables de faire leur travail dès la recherche sur le terrain, jusqu'au prêt à diffuser.
Rappelons qu'en 2003, l'ONG française Reporters d'Espoirs (Reporters of Hope) est créée comme un réseau de journalistes et de professionnels qui veulent «promouvoir dans les médias des informations basées sur des solutions». L'organisation est officiellement lancée à l'UNESCO en 2004 avec les prix Reporters d'Espoirs. Ils promeuvent le concept d’«info-solution» et de «journalisme de solutions», travaillant avec tous types de médias pour diffuser des initiatives auprès du grand public.
Ibnou M. Abdou
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