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des Comores

Travaux publics : Les employés dénoncent le « mépris » de leur directeur

Travaux publics : Les employés dénoncent le « mépris » de leur directeur © : HZK-LGDC

Ce lundi 23 février, les employés de la direction des travaux publics (TP) ont fait une déclaration à leur siège. Ils réclament 15 mois d’arriérés de salaires et dénoncent la mauvaise gestion du directeur général et de sa comptable qui, selon eux, « détournent » l’argent de la société. Ils appellent les autorités à prendre leurs responsabilités.


Face à cette situation, les agents de terrain de la direction des Travaux Publics ont exprimé leur colère. Visages fermés, tissus rouges noués sur la tête, ils n’ont pas mâché leurs mots. Ils affirment travailler chaque jour et générer d’importantes recettes, alors qu’ils sont payés aux calendes grecques. « Nous avons appelé les médias pour dénoncer notre situation. Nous travaillons chaque jour et faisons entrer beaucoup d’argent. Même le gouvernement paie chaque travail réalisé par notre régie. Mais le directeur général, la comptable ainsi que le chef de parc s’accaparent de cet argent. Nous n’en avons jamais vu la couleur », expliquent-ils, rassemblés au sein de leur lieu de travail. Ils précisent que les salaires ne sont pas directement versés par le gouvernement. « Ce n’est pas le gouvernement qui nous paie. C’est la direction qui nous paie, en fonction des travaux réalisés. L’argent ne rentre pas dans un compte du gouvernement, il va directement à la direction des TP. C’est donc à notre directeur de nous payer ».


Selon les agents, le directeur général, Ali Boina, et la comptable, Rahamata, « ne versent plus les salaires depuis plusieurs mois ». « Pourtant, ce sont eux qui savent où va cet argent. Non seulement la direction ne paie pas les employés, mais la structure elle-même ne bénéficie de rien. Le pire, c’est que le directeur général a vendu sa voiture de fonction ainsi qu’un autre véhicule destiné au personnel. Aujourd’hui, nous comptons 15 mois d’arriérés et dénonçons une mauvaise gestion. Nous voulons savoir si le gouvernement lui a confié cette maison. Il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités et demandent où va l’argent de la société », déplore-t-il. Un autre agent affirme que toutes les démarches administratives ont déjà été entreprises. « Nous avons envoyé une lettre au chef de l’État ainsi qu’au secrétaire général du gouvernement pour exposer notre situation. Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune réponse. » Les employés évoquent également la location d’un engin en 2023. Selon eux, la société EGT avait loué cet engin pour un chantier à Bangoi Hambou.

 

« Tous les dix jours, EGT payait six millions de francs comoriens, soit 600 000 francs par jour. En trente jours, cela représente 18 millions de francs comoriens. Sur cette somme, seulement 50 % de nos salaires ont été versés. Ensuite, la machine a été envoyée à Bahani et à Madjeweni. Tous ces travaux ont rapporté des millions. Ces grosses sommes ne vont ni dans les comptes de l’État ni dans ceux des TP. Elles rentrent dans les poches du directeur et de la comptable », affirme-t-il. Pour conclure, les agents assurent assumer pleinement leurs déclarations. « C’est la vérité. Nous avons saisi la Cour des comptes. Le directeur général a été interpellé et aurait tout avoué. Le dossier est toujours en cours à la Cour des comptes », ont-ils déclaré.

 

Nassuf Ben Amad




 


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