La Gazette

des Comores

Risque d’une année blanche à l’université

Risque d’une année blanche à l’université © : HZK-LGDC

La grève illimitée entamée par le syndicat des enseignants de l’Université des Comores ainsi que le personnel administratif est loin d’être finie. Les responsables de ces deux corps universitaires ont tenu une conférence de presse jeudi 14 septembre dernier à l’école de santé pour réaffirmer leurs doléances : le paiement de trois mois de salaires impayés et l’installation des différents organes de l’université, notamment l’élection d’un président et la mise en place du conseil d’administration. Faute de quoi les portes de l’université resteront closes avec le risque d’une année blanche.


Alors qu’ils croyaient que la réunion avec les ministres des finances et de l’éducation nationale ainsi que l’administrateur de l’université des Comores pouvait aboutir à un compromis, notamment sur le paiement des trois mois d’arriérés de salaires, l’élection d’un président de l’université et la mise en place du conseil d’administration, le Syndicat national des enseignants de l’université (Sneuc) se dit trahi par le gouvernement. Il n’a pas eu un gain de cause sur ses deux principales revendications à savoir le paiement des trois mois de salaire, et la question de la loi portant orientation et organisation de l’enseignement supérieur qui « permettrait l’élection d’un président et la mise en place du conseil d’administration ». C’est ainsi que le secrétaire général du Sneuc Abdou Said Muignidaho a précisé que la grève continue, avec le risque d’une année blanche.

 

« Après notre assemblée générale le 31 aout dernier, nous avons décidé d’entamer une grève illimitée. Car nous sommes à bout de souffle. Les autorités nous ont conviés à une réunion. Il y avait les ministres des finances et de l’éducation nationale et l’administrateur central de l’université. Après quelques heures d’échange, ils nous ont promis de payer les salaires et faire en sorte de mettre en place une commission multipartite afin de se pencher sur les problèmes en suspens. Tout ça n’est que de la poudre aux yeux. Rien n’a été fait. On se sent trahi par les autorités. On n’a pas le choix que de continuer la grève, sachant qu’il y a risque d’une année blanche si on n’a pas une réponse favorable », dixit le chef syndicaliste. Tout en s’excusant auprès des étudiants qui sont les premières victimes de cette situation.

 

« Notre administration s’est dégradée. Les institutions de l’université ne sont pas réajustées par rapport aux besoins de nos étudiants. Nous ne pouvons pas parler d’émergence sans une bonne éducation. Ces étudiants sont l’avenir de notre pays. Il faut des bonnes conditions d’enseignement. Cela viendra avec une bonne administration digne de ce nom. C’est pourquoi nous demandons l’installation de toutes les instances de l’université, à commencer par l’élection d’un président et la mise en place du conseil d’administration », dit-il. « Concernant la loi sur l’enseignement supérieur adoptée deux fois mais jamais promulguée, nous avons saisi le chef de l’Etat pour lui demander de ne pas la promulguer, en raison de ses imperfections. Le président a, à chaque fois, répondu positivement à notre demande. On peut espérer une dernière chance », conclure-t-il. Quant au secrétaire général du syndicat des personnels de l’université Chamssoudine Mhoma, il a montré leur détermination et sa solidarité avec le Sneuc. « Nous demandons aux autorités de prendre les choses avec sérieux pour résoudre cette crise très rapidement ».

 

Nassuf Ben Amad

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.