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des Comores

Presse / Ahmed Ali Amir : « Mon challenge, c’est de réussir »

Presse / Ahmed Ali Amir : « Mon challenge, c’est de réussir » © : HZK-LGDC

Journaliste de renom, ancien directeur du quotidien d’Etat Al-Watwan, correspondant de l’agence Reuters et de France Info, Ahmed Ali Amir vient d’être nommé au poste de coordinateur de la communication et de la presse de la présidence et du gouvernement. Une nomination qui ne fait pas l’unanimité dans l’opinion. Sur la toile, des internautes l’accusent de traitrise et d’opportunisme. Dans un entretien accordé à La Gazette des Comores / HZK-Presse, Ahmed Ali Amir laisse entendre qu’il ne s’agit ni de l’un ni de l’autre mais qu’à travers cette nouvelle responsabilité, sa seule et unique obligation reste les résultats.


« Le fait d’avoir dégringolé de plusieurs places et qu’il y’a encore un risque pour l’année prochaine que nous perdions encore une dizaine de places au minimum » sont parmi les raisons qui ont poussé Ahmed Ali Amir à accepter son nouveau poste. La crise financière de la presse et la chute des Comores dans le classement mondial de la liberté de la presse paraissent comme étant les soucis majeurs de celui qui a fait la déclaration en langue nationale à l’occasion de la journée internationale de la presse de cette année. Triple A comme on l’appelle communément fait savoir que cette décision est prise après plusieurs entretiens avec le chef de l’Etat. Conscient de la privation des libertés et des menaces que subissent la presse notamment les arrestations des journalistes et les censures de certains quotidiens privés, Ahmed dit avoir montré au président de la République son inquiétude face à cela.

 

« Sans la liberté de la presse, sans une population mieux informée et mieux formée, nous risquons d’instaurer un autoritarisme sévère », témoigne-t-il. Selon lui, l’installation de cette coordination de la communication et de la presse est une urgence. Ahmed Ali Amir précise en effet que la charge de cette structure est d’établir des nouveaux rapports entre l’Etat et la presse. « Nous essayerons également de convoquer des assises sur la presse nationale, ce qu’on appelle des Etats généraux de la presse, durant lesquelles nous allons examiner des sujets de réflexion notamment la politique de subvention de l’Etat aux médias indépendants pour sortir de l’agonie financière, de la formation des journalistes, le renforcement du rôle central du régulateur qu’est le CNPA et d’autres sujets relevant du domaine », détaille-t-il sur ses missions. Pour notre interlocuteur, l’objectif de tout cela est de formuler des propositions et recommandations qui seront soumises au gouvernement en vue d’être transformées en loi, règlement ou décision avec une ligne budgétaire à l’appui.

 

Y-arrivera-t-il ? Ici encore les positions divergent mais Triple A se dit prêt à relever le défi. « Mon challenge entre moi et le président, c’est de réussir. Et si d’ici là, je ne parviens pas à mettre en place ce que nous nous sommes convenus, je tirerais moi-même les conséquences », indique-t-il tout bravement. Entre lui et le président Azali Assoumani, le deal est « l’obligation de résultats ». Outre ces réformes pour accompagner la presse, l’ancien directeur d’Al-watwan dit s’être convenu avec le chef de l’Etat de mettre en place une stratégie nationale de communication de la présidence. « Ici, nous devons mettre en place les outils de communication et relancer la machine notamment le site internet de Beit Salam et les réseaux sociaux », confie le nouveau coordinateur. Il rappelle que tout cela dormait et qu’il se doit alors d’être réveillé car « ils représentent le portail d’un pays ».

 

Dans ce second volet, l’ancien reporter de Reuters précise que des instruments permettant la visibilité des actions du président et du gouvernement seront mis en place et qu’il s’agit d’une des missions principales de cette nouvelle structure. La coordination nouvellement créée est un département qui va réunir tous ceux qui agissent dans la communication et la presse de la présidence et du gouvernement pour « faciliter les relations entre tout ce beau monde et la presse d’une manière transparente ». Face au scepticisme de l’opinion, Ahmed déclare que : « Quand on veut faire quelque chose, on peut le faire » en prenant l’exemple l’image qu’il avait donné à Al-watwan lorsqu’il était à la tête du journal. « Je comprends que tout ce monde attend des résultats pour pouvoir apprécier et je ferais de mon mieux. Et si je n’apporte rien à la communication du président et l’atmosphère tendue entre le pouvoir et la presse, je tirerais les conséquences », enchaine-t-il. Ce dernier se dit conscient de la contestation et des reproches qu’on fait à ce régime mais il s’agit là selon lui, « d’une manière d’apporter sa contribution de manière positive ». « Je vais essayer de démontrer que j’ai la capacité d’infléchir les choses. Je suis peut-être idéaliste mais je vais tenter le coup », conclut-il.

 

A.O Yazid

 


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