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des Comores

Présidentielle : A Mohéli, des voix réclament la Tournante dès 2026

Présidentielle : A Mohéli, des voix réclament la Tournante dès 2026 © : HZK-LGDC

Né il y a quatre mois, le mouvement « La Voix de Mohéli » (Swauti ya Mwali) a été officiellement présenté ce dimanche 2 novembre à Fomboni. Dirigé par l’ancien député Dr Abdou Djabir, ce nouveau regroupement politique de l’opposition réclame le respect de l’Accord de Fomboni, la présidence tournante en 2026 et un équilibre réel entre les îles de l’Union des Comores.


Le paysage politique mohélien commence à s’animer à l’approche de 2026, année que la Constitution de 2001. En 2026, la présidence tournante devrait échoir à un ressortissant de Mohéli. Ce dimanche 2 novembre, au domicile du Dr Abdou Djabir, ancien député et figure de l’opposition, a eu lieu la présentation officielle, lors d’une conférence de presse, du mouvement « La Voix de Mohéli », baptisé en langue locale Swauti ya Mwali. Créé il y a quatre mois, ce mouvement regroupe plusieurs personnalités politiques de l’île, dont le doyen Mouhibaca Baco et l’ancien ministre du Tourisme Abdou Bacar. Tous affirment vouloir défendre le respect de la Constitution issue de l’Accord cadre de Fomboni de 2001, qui instaure une présidence tournante entre les trois îles de l’Union. « Nous partageons les mêmes objectifs que le M17 et le MOLECO du Dr Hassanaly, mais c’est la stratégie qui nous différencie », a précisé Mouhibaca Baco, lors de cette conférence de presse.

 

L’événement qui a réuni doyens, jeunes et femmes, venus des quatre coins de Mohéli, a été brièvement perturbé par un agent des forces de l’ordre interdisant l’usage de la sonorisation. Dans son allocution, Dr Abdou Djabir a rappelé que selon la Constitution issue de la réconciliation nationale, acceptée par tous les Comoriens, le tour de la présidence tournante revient à Mohéli en 2026. « Le tour de Ndzouani était en 2021, mais le pouvoir actuel a emprisonné l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi et l’ancien gouverneur Dr Salami, ceux qui devaient le revendiquer. En 2026, ce sera au tour de Mohéli. » Il a également mis en garde contre un éventuel tour d’Anjouan en 2029. « Il n’y aura jamais de tournante en 2029. Azali n’a jamais respecté ses promesses. Il trouvera encore une formule pour se maintenir au pouvoir ou le transmettre à son fils, comme il l’a laissé entendre à Mohéli. »

 

Pour lui, la solution réside dans l’unité nationale : « Unissons-nous pour reprendre le pouvoir dès 2026. Ensuite, nous pourrons redéfinir ensemble, entre Comoriens d’Anjouan, de Mohéli et de la Grande Comore, les bases d’un consensus durable. » Rejetant les « assises de réconciliation de 17 février 2026 » annoncées par le président Azali, il estime qu’ « il n’y a pas de conflit entre les Comoriens, mais une injustice politique ». De leur côté, Abdou Bacar et Mouhibaca Baco ont dénoncé l’absence d’équilibre dans la représentation nationale : « Le seul Mohélien ambassadeur en Arabie saoudite a été remplacé. Nos institutions sont centralisées à Moroni pas d’autonomie des îles. Nous sommes revenus à l’époque où il fallait amener des glaciaires de poissons et régimes de banane à Moroni pour aller quémander une nomination, nous ne sommes pas d’accord ».

 

Le mouvement appelle ainsi à rétablir la Constitution de 2001 seule garante, selon eux, de la paix et de la stabilité nationale durables. « La présidence doit tourner tous les cinq ans, sans renouvellement immédiat », insistent-ils, ajoutant que même les Comoriens de Ngazidja ne peuvent pas attendre vingt ans pour voir revenir leur tour. Avec « La Voix de Mohéli », une nouvelle page de la lutte politique s’ouvre à Mohéli, bien décidée à faire entendre sa voix dans le débat national pour l’unité des Comores.

 

Pour rappel, depuis 2001, l’Union des Comores vit sous le principe de la présidence tournante, instaurée par la Constitution issue de l’Accord de Fomboni de 2001. Ce mécanisme garantit une alternance entre les trois îles indépendantes dans l’exercice du pouvoir suprême. Cependant, la réforme constitutionnelle de 2018, initiée par le président Azali Assoumani, a profondément bouleversé ce système. Si la Tournante en soi n’a pas été abolie, le mandat présidentiel est passé de cinq ans non renouvelables à cinq ans renouvelables une fois, soit dix ans au total pour chaque île.

 

Cette réforme a également remis les compteurs à zéro. Elle a donné lieu à des élections anticipées en 2019, ce qui, en principe, permet à Azali Assoumani, originaire de la Grande-comore, d’être à la tête du pays en 2019 après sa réélection en 2024. Si l’on s’en tient à cette nouvelle architecture constitutionnelle, Anjouan devrait assurer la présidence de 2029 à 2039, avant que Mohéli n’en bénéficie à partir de 2039. C’est dans ce contexte de bouleversement institutionnel que le mouvement « La Voix de Mohéli » revendique, dès 2026, le respect de l’esprit originel de la Tournante.

 

Riwad

 


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