La Gazette

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Oussivo : Un mariage forcé entre une mineure et son violeur évité de justesse

Oussivo :  Un mariage forcé entre une mineure et son violeur évité de justesse © : HZK-LGDC

Le village d’Oussivo avait obligé une mineure de 16 ans à épouser un homme de 26 ans avec qui elle a été attrapée dans une cabane du village. Le père de la demoiselle s’est opposé obstinément à sa localité jusqu’à porter plainte.


Une adolescente de 16 ans d’Oussivo dans la région d’Itsandra, a échappé de justesse à un mariage forcé avec son violeur de 26 ans, avec qui elle a été attrapée dans une cabane à Oussivo. Les villageois qui ont leur propre règlement (sans doute aux antipodes des Lois de la République) ont en effet tenté de les marier. Mais cela sans compter sur la détermination du père de la victime qui s’est opposé énergiquement à ce projet de mariage qui, au début, semblait inéluctable car ceux qui sont tombé dans les mailles du filet du comité villageois avant sa fille, n’ont pas pu y échapper.

 

L’affaire est confiée à la Brigade des mineurs de Moroni où un arrangement a été trouvé entre le comité et la famille de la victime, selon le commissaire Darouèche Mohamed. « Pour l’instant, nous n’avons pas encore pu auditionner la fille. Quant au jeune homme, il est introuvable », nous confie celui qui nous apprend qu’il a fait un ordre de comparaitre.

 

Devant le portail de la brigade des mineurs, l’association Faina pour la défense des droits des victimes d’agression sexuelle faisait le pied de grue. Selon un membre, « c’est inadmissible qu’un village veuille vaille que vaille donner en mariage une fille sans le consentement de sa famille ». « Le comité du village a décidé que si le père de la victime s’en tient à sa position, sa fille sera excommuniée de toute vie sociale », nous apprend cette association née après l’assassinat précédé d’un viol de Faina, âgée de 5 ans.

 

Joint par téléphone, le président du comité de pilotage d’Oussivo relativise : « Nous avons un règlement qui indique que deux amants qui seront attrapés serons mariés. Mais pour le cas de cette mineure, nous ne savions pas qu’elle avait 16 ans. Ce n’est qu’après que son père nous a montré son extrait d’acte de naissance que nous l’avons appris », s’explique Hassane Mohamed Djalim, contre qui le père de la victime avait porté plainte pour l’avoir « menacé ».

 

« Mais ma conception des choses reste la même : nul ne peut obliger une personne à se marier de force. Ce serait une atteinte à la liberté individuelle », rappelle Me Fahardine Abdoulwahid, avocat au barreau de Moroni. Soulignons que le consentement d’un mineur est, aux yeux de la loi, nul et non avenu. L’article 301 du code pénal stipule en effet que « Constitue une agression sexuelle tout acte ou atteinte sexuel de quelque nature qu’elle soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace, ou surprise ; Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de moins 18 ans, le non consentement, la contrainte, ou la surprise sont irréfragablement présumés ».

 

Andjouza Abouheir

 


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