La Gazette

des Comores

Lutte contre le cancer: Deux cas en besoin d’hospitalisation

Lutte contre le cancer: Deux cas en besoin d’hospitalisation © : HZK-LGDC

La situation des patientes atteintes de cancer aux Comores est alarmante. L'Association Comorienne de lutte contre le cancer chez la femme (ACCF) tire la sonnette d’alarme concernant la prise en charge des malades. Cette association suit actuellement 11 cas dont 2 graves qui nécessitent une hospitalisation urgente sans laquelle les concernés sont condamnées à mourir. Encore une fois le système de santé en matière de prise en charge s’avère défaillante.


Les cas les plus urgents concernent deux patientes. Toutes deux ont besoin d’hospitalisation urgente dans un centre médical du pays. L’ACCF ne cache pas son désespoir face à cette situation. La présidente décrit une situation difficile dans laquelle vivent deux femmes atteintes du cancer. « L’une vit dans des conditions très précaires et doit être hospitalisée en toute urgence tandis que l'autre se bat contre les aléas de la vie mais rencontre des difficultés liées au changement de pansement affligé à la plaie, qui coûte environ 100.000 francs par mois. Un coût onéreux pour sa famille. Nous plaidons pour ces patientes. Toute personne  mérite de vivre et de mourir dignement. Il s’agit des vies humaines, elles demandent juste un changement de pansement et une surveillance médicale », déplore Zahara Abdallah, présidente de l’ACCF.

Dévouée à ses missions humanitaires, la présidente de l’ACCF regrette que l’une des patientes se voit refuser des soins au service de maternité de l'hôpital El-Maarouf, faute d'infrastructures adaptées. « Nous avions réussi à l’hospitaliser à la maternité mais, cette dernière a vite signalé que ce cas ne peut être admis à ce service, faute de prise en charge adéquate. Cette pauvre femme a dû retourner chez elle, malgré les recommandations de notre gynécologue. Chose inadmissible », s’attriste-t-elle.

L’association fait savoir que les obstacles sont énormes. Au moment où elle a découvert ces 11 cas suite aux résultats de la mammographie et frottis, elle s’est rendu compte que les soins étaient exorbitants. « Nous avons comme mission la prévention. Malheureusement les conditions difficiles de certaines familles, nous ont poussés à mettre la main à la poche, heureusement que nous avons le soutien de nos partenaires. Pour le scanner et injection, le prix est de 80.000 Fc et 50.000 pour le scanner. Pour le changement de pansement, le montant est de 100.000 par mois, sans oublier le frottis et la mammographie qui varie selon le centre médical. Comment ces familles vont s’en sortir », s’interroge-t-elle, tout en lançant un appel à une réduction sans plus attendre. « C’est très difficile de maintenir une malade atteinte d’un cancer en phase terminale à la maison. Il faut non seulment une prise en charge psychologique et médicale », précise celle qui a découvert des cas lors des dernières consultations organisées par l’ACCF en août dernier, avec le soutien d’une oncologue basée à La Réunion.

Zahara insiste sur l’urgence d’une stratégie nationale pour la lutte contre le cancer, notamment les cancers gynécologiques. « Nous réclamons une convention régionale pour soulager les patients qui ne peuvent pas se déplacer et un plan national adapté pour ces maladies graves », plaide-t-elle. Le ministère de la Santé est pointé du doigt pour l'absence d'une stratégie claire. « Nous avons besoin de personnels formés à la chimiothérapie, d’oncologues, d’un meilleur suivi pour les malades, etc. L’imagerie seule, ne suffit pas. », explique la présidente.

Un autre problème majeur est la suspension depuis décembre des évacuations sanitaires (Evasan) vers l’île de Maurice. Des patientes, en attente de soins, se retrouvent bloquées. « Nous avons une liste de patientes en attente. Une concertation avec l’État mauricien est urgente pour rétablir cette convention rapidement », insiste-t-elle. Elle réclame également la mise en place de lits dédiés aux malades du cancer, afin de garantir à ces derniers une fin digne mais également la réintégration de l’anatomopathologiste en attendant d’avoir ce service au sein de l’hôpital. L’association lance un appel pressant au gouvernement pour agir rapidement face à cette crise, et pour que chaque être humain, quel que soit son statut social, puisse bénéficier de soins appropriés.

Andjouza Abouheir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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