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des Comores

Le manioc est introuvable à Anjouan

Le manioc est introuvable à Anjouan © : HZK-LGDC

Depuis quelques temps, les anjouanais ont du mal à trouver du manioc. Certains restaurateurs de la place sont contraints de se tourner vers la Grande Comore pour avoir ce féculent. Au marché, une dame du quartier Lazar Mutsamudu, restauratrice célèbre connue au nom de Bweni Marie lance un cri d'alarme.


Depuis plusieurs mois, le manioc est devenu très rare à Anjouan. Cette situation est due à l'abandon du champ catalysée par plusieurs facteurs. Certains restaurateurs de l’île se tournent vers Ngazidja pour avoir ce féculent. « J'ai acheté six petits morceaux de manioc à 2000 FC, je suis obligée de revendre à 500 FC trois petits bouts frites de manioc. C'est dur, mais je n'ai pas le choix », regrette Bweni Marie.

Mutsamudu et Domoni sont prises en tenaille par la cherté de ce produit et même chez les agriculteurs, on vit le pire ces derniers temps. A l'exemple de la région de Koni où le village est connu pour son potentiel agricole, le secteur semble à l’abandon. « Les agriculteurs abandonnent peu à peu la terre depuis que les produits de première nécessité connaissent une hausse brutale et exponentielle des prix », avance un citoyen du village. Et cette situation n’est pas sans conséquence pour cette communauté. « C’est très inquiétant, indique-t-il. Beaucoup de foyers arrivaient à s'en sortir et mener une vie paisible grâce à l'agriculture ».

Un autre citoyen tire la sonnette d’alarme. « Actuellement les habitants de Koni ressentent une pénurie des denrées alimentaires à l'exemple de la tomate, du manioc et autres, c'est très grave », explique Abdou Houmadi. Notre interlocuteur ajoute que « la sécheresse est aussi un facteur ajouté à la déforestation ». Dans cette liste de pénuries, s'ajoute le manque sans précédent des produits carnés importés.

Il est important de souligner que la génération actuelle abandonne l'agriculture, au profit du petit commerce à partir de la Tanzanie ou Madagascar. Un tournant qui s'explique par la microfinance qui ouvre le monde aux petits paysans.

Nabil Jaffar

 


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