La Gazette

des Comores

Kémal a tiré sa révérence

Kémal a tiré sa révérence © : HZK-LGDC

Hier, dimanche 13 septembre 2020, la nouvelle s’est répandue « Chuma vient de décéder ». Une des grandes figures de notre pays vient de tirer sa révérence. Saïd Ali Kemal Eddine est un homme politique comorien, né en 1938. Il est le fils du prince Said Ibrahim bin Said Ali et le petit-fils du sultan Said Ali bin Said Omar.


Diplômé de l'Institut des Hautes Études d'Outre-mer (IHEOM), Said Ali Kemal a poursuivi également des études de journalisme à l'Institut des Sciences sociales (1964-1967). Il est parmi les membres fondateurs de l'Association des Stagiaires et Étudiants comoriens (ASEC) créée en 1966 en France et a été un de ses présidents. A son retour aux Comores, il est nommé, en 1969, à la direction de l'ORTF (Office de Radiodiffusion Télévision Française). Il est ensuite affecté successivement à La Réunion, à Djibouti puis en France, il se fait remarquer en devenant un des premiers Africains à présenter un journal télévisé sur une chaîne française.

 

Après le coup d’Etat de mai 1978, il devient Ambassadeur des Comores en France. Il démissionne en 1980 et entre dans l’opposition en créant son propre parti « Shuma ». A la chute d’Ahmed Abdallah, il se présente aux élections présidentielles de 1990 où il est placé en 3ème position sur neuf candidats. Il occupera brièvement le poste de Ministre de l’économie sous le président Djohar. Suite au coup d’Etat fomenté par Bob Denard en 1995, il assure l’intérim comme coprésident avec Mohamed Taki Abdoulkarim jusqu’à l’intervention de l’Armée française. Il est candidat à nouveau aux élections présidentielles de 1996 et arrive 4ème sur 14 candidats. Il rejoint Mohamed Taki Abdoulkarim et devient Ministre des Finances et de l’Économie.

 

En désaccord avec Mohamed Taki, Saïd Ali Kemal quitte le gouvernement et entre dans l’opposition. Lors de la crise séparatiste d’Anjouan, il est contre la solution constitutionnelle proposée estimant qu’elle ne va pas dans le sens de l’unité nationale et de la préservation de l’intégrité territoriale. En dépit de ses réserves, il se présente à l'élection présidentielle de 2002 et, se qualifie avec Mradabi pour le second tour contre Azali Assoumani, et tous les deux ont boycotté le scrutin. Il est élu député à l’assemblée nationale en 2004. Aux élections présidentielles de 2006, il forme un ticket avec Ibrahim Halidi.

 

En 2009, il prend la tête de la  Convergence Nationale pour mai 2010, coalition regroupant les partis politiques qui s’opposaient au maintien de Sambi à la Présidence de l’Union des Comores au-delà du mandat légal de quatre ans. Il s’oppose fermement au pouvoir du président Ikililou Dhoinine qu’il qualifie de pouvoir népotique et clanique. Said Ali Kemal s’est retiré de la vie politique depuis quelque temps. C’est un acteur important de la vie politique nationale. Ses obsèques se sont déroulées hier devant une foule nombreuse dans la ville d’Iconi où son père a été inhumé en 1975. C’était un prince qui savait se fondre dans la masse.

 

Mmagaza

 


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