La Gazette

des Comores

Interview du DG de la Sonelec : Moussa Djabir « Nous vendons à perte »

Interview du DG de la Sonelec :  Moussa Djabir « Nous vendons à perte » © : HZK-LGDC

« La subvention a diminué d’un milliard de nos francs depuis le 1er janvier 2020. Cela comme vous le voyez correspond à un tiers de la subvention initiale qui nous a été malheureusement amputée. Ajouté à cela, une hausse de 5% du prix du litre de gasoil nous a été appliquée dans la même période. Ceci a pour conséquence de diminuer notre trésorerie ». Moussa Djabir, directeur général adjoint de la Société nationale d’électricité répond aux questions de La Gazette des Comores.


Question : Vous venez d’organiser une sorte de conclave à Mohéli pour l’unification du statut de la Sonelec au niveau national. Pourquoi le choix de Mohéli ?

 

Moussa Djabir : Mohéli s’est imposé comme une évidence pour ces travaux qui ont débuté à Anjouan, pour se poursuivre à Ngazidja et finir à Mohéli. Il s’agissait pour nous de nous rapprocher du personnel de nos trois directions régionales afin de nous enquérir des vraies problématiques.

 

Question : Quels sont les changements attendus à l’issue de cette nouvelle architecture tant au niveau administratif qu’économique ?

 

MD : Après plusieurs années de différentes difficultés rencontrées dans notre secteur, le chef de l’État, son excellence Azali Assoumani a pris l’initiative de créer une seule et même société nationale d’électricité. Cette société réunit désormais les différentes entités insulaires d’électricité. Aussi, les changements attendus sont d’abord d’ordre structurel, unifier ces directions insulaires tant sur le plan de la collecte des données, que sur l’harmonisation des procédures et des indicateurs de rigueur. Ces travaux une fois validés vont nous permettre de mutualiser nos moyens afin de gagner en productivité.

 

Question : L’État a considérablement diminué la subvention de 3 milliards KMF qu’il vous accordait chaque année. Quel est le montant exact dont vous bénéficiez actuellement et quel est l’impact de cette décision ?

 

MD : La subvention a diminué d’un milliard de nos francs depuis le 1er janvier 2020. Cela comme vous le voyez correspond à un tiers de la subvention initiale qui nous a été malheureusement amputée. Ajouté à cela, une hausse de 5% du prix du litre de gasoil nous a été appliquée dans la même période. Ceci a pour conséquence de diminuer notre trésorerie, d’alourdir nos charges, sans pour autant que nous puissions intervenir sur la hausse de nos prix de vente fixés par arrêté ministériel et qui restent inchangés depuis des années. Il faut noter que nous sommes une société publique qui vend à perte.

 

Question : Où en êtes-vous avec l’apurement de vos dettes auprès de votre fournisseur de gasoil, la SCH ?

 

MD : Nous les payons régulièrement bien qu’avec difficultés comme vous pouvez le deviner. Nous sommes actuellement en train d’étudier comment améliorer ces régularisations en associant nos ministères de tutelles pour un éventuel croisement de dettes

 

Question : Selon nos informations, à Ngazidja la Sonelec réalise des recettes journalières qui avoisinent les 14 millions KMF tandis que vous devez, chaque jour, débourser 20 millions KMF pour le carburant. Comment comptez-vous vous y prendre pour renverser cette situation ? Celle-ci expliquerait-elle le fait que l’électricité n’est pas fournie H24 ?

 

MD : Comme nous vous l’avons expliqué ci-haut, nous vendons le kilowatt/heure à perte. Un renversement de cette situation passe donc par une révision des conditions de production, de distribution et de vente de l’électricité. Nous ne ménageons aucun effort pour améliorer la qualité de nos services malgré les aléas rencontrés. Et nous restons confiants qu’avec l’accompagnement de l’État, nous parviendrons très prochainement à une solution pérenne.

 

Question : Quelles sont vos trois priorités à la tête de la Sonelec ?

 

MD : Améliorer et stabiliser la production et la distribution d’électricité ; consolider l’unité retrouvée de nos directions régionales pour améliorer la productivité ; réduire la dette de la SONELEC

 

Question : Pourquoi vous n’êtes toujours pas confirmé dans vos nouvelles fonctions de directeur général ?

 

MD : Je pense que ce n’est pas à moi de répondre à cette question (rire)

 

Question : Un dernier mot ?

 

MD : Je tiens personnellement à remercier le chef de l’État pour son accompagnement sans faille dans ce processus. Mes remerciements vont également à l’endroit de notre Ministre en charge de l’Energie, M. Houmed Msaidie, pour son soutien tout au long de ces travaux, mais aussi, notre partenaire la Banque Mondiale pour son appui et les gouverneurs des îles pour avoir facilité la bonne tenue de ces assises. Enfin, permettez-moi d’exprimer ma reconnaissance envers le personnel de la SONELEC dans son entité, pour son dévouement et son implication dans cette étape oh combien importante pour notre entreprise.

 

Propos recueillis par AA

 


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