Le parcours du Président Abdallah ne peut se résumer en un article d’une page, tant cette personnalité a marqué d’une façon indélébile notre histoire contemporaine.
Dans la nuit du 26 au 27 novembre 1989, l’homme qui avait proclamé l’indépendance du pays le 6 juillet 1975 fut abattu dans sa maison par ceux-là même qui étaient censés assurer sa sécurité, à savoir les hommes du mercenaire Bob Denard. Comme l’a écrit un journal, l’un des fils du président, Salim Abdallah, a expliqué son scepticisme dans le documentaire de Laurent Boullard, Bob Denard, le Sultan blanc des Comores (2012) : « Il y avait deux Comoriens (Abdallah et Jaffar) et trois Français Denard, Marques (Dominique Malacrino) et le capitaine Siam (Jean-Paul Guerrier) qui étaient dans la pièce. Les Français s’en sortent vivants et les deux Comoriens morts ». Chercher l’erreur peut-on ajouter. Même si lors du procès ce même Salim avait refusé, contre toute attente, de charger les mercenaires.
Les différentes versions des faits présentés par les mercenaires lors des procès organisés en France ont été des plus contradictoires. Accusant pêle-mêle l’Armée comorienne à l’époque de comploter contre le président même s’ils ont récusé cette version des années après et reconnaissant que l’attaque de la présidence était un simulacre de leur cru. A ce jour les circonstances exactes de son assassinat font l’objet de multiples spéculations.
Bob Denard a été condamné en 2006 à cinq ans de prison avec sursis. Mais sa mort survenu un an plus tard, a fait qu’il a emporté bon nombre de secrets sur les Comores dans sa tombe. Comme celui d’un autre événement survenu 11 ans (1978) plutôt avec l’assassinat d’un autre chef de l’État en la personne d’Ali Soilih Mtsachiwa et dont il était parmi les instigateurs.
On espère qu’un jour, une commission nationale se penchera sur ce dossier qui constitue comme beaucoup d’autres dossiers de la même mouture une partie de notre mémoire collective que nous refusons d’examiner de façon sereine.
AAA a connu une longue carrière parlementaire en France avec l'avènement de la Ve République : il est élu sénateur des Comores en 1959, apparenté au Groupe d'Union des Démocrates pour la République avant de prendre ses distances et de rejoindre la réunion administrative des Sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe.
Il avait été réélu sénateur en 1968, il évolue dans ses prises de position sur la question comorienne lorsque son destin politique local se précise : en décembre 1972, il est élu à la présidence du Conseil de gouvernement comorien par la Chambre des députés des Comores, juste après que celle-ci a donné mandat au gouvernement d'étudier et de négocier l'accession des Comores à l'indépendance.
Il démissionne de son mandat de sénateur français le 9 janvier 1973. En 1974, les résultats du référendum organisé par la France montrent une division de l'archipel : alors que les trois autres îles se sont prononcées à 95% en faveur de l'indépendance, une majorité des habitants de Mayotte s'y oppose. Face au refus de la France de considérer le vote dans sa globalité, le président du Conseil proclame unilatéralement l'indépendance des Comores en juillet 1975. La suite on la connait. Il restera pour tous l’homme du 6 juillet 1975.
Mmagaza
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