Lauréat de MeritCom 2025, le Dr Hassanaly Abdoul-Anziz incarne l’une des figures majeures du renouveau sanitaire aux Comores. Chirurgien généraliste formé à l’étranger puis revenu servir son île natale, il a consacré plus de quinze ans à structurer, moderniser et redonner confiance au système de santé mohélien.
« Depuis mon jeune âge, j’avais une passion pour la médecine », confie d’emblée Dr Hassanaly Abdoul-Anziz. Un rêve qui ne l’a jamais quitté. Après son baccalauréat, il s’engage en médecine générale, avant de s’orienter vers la neurochirurgie et la chirurgie cardiovasculaire. Mais un constat s’impose : Mwali n’a pas besoin d’un super-spécialiste, mais d’abord d’un chirurgien généraliste capable de répondre aux urgences quotidiennes. Il réoriente alors sa carrière pour servir les priorités de son île. « Il fallait d’abord avoir les bases de la chirurgie et ensuite développer les spécialités. »
Le tournant survient en 2008, lorsqu’il rentre définitivement au pays et choisit de travailler au CHRI de Fomboni. Très vite, il met en place une nouvelle organisation : amélioration de l’accueil, présence renforcée des praticiens auprès des patients, instauration des staffs médicaux et des visites quotidiennes. Les résultats sont immédiats : les Comoriens d’autres îles commencent à venir se faire soigner à Mwali, preuve de la confiance retrouvée. Simultanément, il fonde une clinique médico-chirurgicale, contribuant à élever le niveau de soins sur toute l’île.
Pour lui, les Comores progressent rapidement : infrastructures, équipements, ressources humaines… mais l’essentiel manque encore. Il insiste sur l’urgence de réorganiser le système sanitaire, de créer un système d’information sanitaire fiable, et de limiter les évacuations coûteuses vers l’étranger. « Nous devons redonner confiance à la population dans nos structures », rappelle-t-il. La recherche, elle, reste « à l’état embryonnaire ». Sans faculté de médecine ni système d’archivage, difficile de produire des travaux de qualité. La création d’une faculté devient indispensable.
Face à l’exode croissant des professionnels, le Dr Hassanaly reste ferme : « Quand de jeunes médecins font 12 ou 13 ans d’études et reviennent servir, ils doivent être respectés. » Un véritable plan de carrière est nécessaire pour retenir les talents et encourager l’innovation, encore largement insuffisante dans le pays. MeritCom n’est pas la première reconnaissance qu’il reçoit : distingué en 2012 et en 2022 par Alwatwan, il voit dans ce nouveau prix « une grande satisfaction pour tous les efforts fournis ».
Son message aux jeunes professionnels est clair : « Revenez travailler au pays, croyez en vos compétences et avancez en équipe. Respectez vos aînés, la déontologie et l’éthique médicale ». Avec son engagement constant, sa vision organisationnelle et sa détermination à moderniser les structures de l’intérieur, le Dr Hassanaly Anziz s’impose comme l’un des piliers du système sanitaire comorien contemporain. MeritCom 2025 vient rappeler qu’un pays se construit aussi grâce à ceux qui choisissent de rentrer, de s’investir et de bâtir, pas à pas, un système de santé digne de ses citoyens.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC