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Crise du carburant à Moroni : Des taxis quasi introuvables

Crise du carburant à Moroni : Des taxis quasi introuvables © : HZK-LGDC

À Moroni, la circulation est devenue étonnamment fluide, mais cette accalmie cache une réalité bien plus contraignante. Trouver un taxi relève désormais du parcours du combattant. Entre stations-service à sec, grève des gérants et pénurie de carburant, les chauffeurs désertent les routes, laissant les usagers livrés à de longues attentes, aux refus de prise en charge, voire à l’obligation de parcourir de longues distances à pied.


Samedi 18 avril dernier, plusieurs gérants de stations-services ont annoncé la suspension de leurs commandes. Cette décision a rapidement produit des effets visibles. En quelques jours, la majorité des stations-service de la capitale se sont retrouvées à sec. Seule celle de Malouzini continue de fonctionner, attirant dès l’aube une foule de véhicules en quête de carburant. Une situation qui désorganise profondément le transport urbain. À Moroni, le contraste est saisissant. Les routes, d’ordinaire saturées, respirent enfin. Pas de klaxons, pas de files interminables, pas d’embouteillages. Une fluidité presque irréelle. Mais derrière ce calme inhabituel se cache une autre réalité, bien plus contraignante, celle de la raréfaction des taxis.

 

Ce lundi 20 avril au matin, la capitale tourne au ralenti. Sans carburant, les chauffeurs désertent les routes. Ceux qui restent en circulation deviennent difficiles à trouver, et parfois plus sélectifs dans leurs courses. Pour les habitants, se déplacer devient un défi quotidien. Aux arrêts de taxi, l’attente s’allonge. « J’ai attendu longtemps sans voir un seul taxi disponible », témoigne Halima Sidi. « La circulation est fluide, mais cela ne nous aide pas si nous ne pouvons pas nous déplacer ». Même situation devant la station Studio Med, où un couple âgé patiente en vain pour rejoindre Beit-Salam. Après de longues minutes d’attente et plusieurs refus, ils finissent par envisager de poursuivre leur trajet à pied.

 

À Gobadjou, Youssouf Ibrahim illustre lui aussi cette difficulté. Arrivé tôt au marché, il peine à trouver un moyen de transport pour rentrer chez lui. « Je suis là depuis plus d’une heure », explique-t-il, inquiet pour les produits frais qu’il transporte. Il ne parviendra à trouver un taxi qu’après une longue attente. La perturbation touche également les transports en commun. Une habitante de Washili indique que plusieurs bus n’ont pas circulé ce matin-là, réduisant l’offre disponible et provoquant des retards pour de nombreux usagers. La fluidité retrouvée de la circulation à Moroni ne traduit pas une amélioration durable des conditions de transport, mais plutôt les effets d’une crise d’approvisionnement. Derrière des routes dégagées, c’est toute une population qui peine désormais à se déplacer normalement.

 

El-Aniou Fatima

 

 


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