Les opérations menées récemment à Moroni par la police nationale, au cours desquelles plusieurs jeunes hommes auraient été contraints de se faire couper les cheveux en public, continuent de susciter de nombreuses réactions. Face à la polémique et aux images largement relayées sur les réseaux sociaux, la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL) a exprimé ses préoccupations, appelant au respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine dans toutes les interventions des forces de l’ordre.
Dans un communiqué, la Cndhl dit avoir « pris connaissance avec préoccupation des images et témoignages relayés sur les réseaux sociaux » concernant des interventions policières survenues le jeudi 7 mai à Moroni. Plusieurs citoyens auraient été publiquement contraints de se faire couper les cheveux par des agents de la police nationale, une situation qui soulève des interrogations sur le respect des droits fondamentaux. Tout en reconnaissant le rôle essentiel des forces de sécurité dans le maintien de l’ordre public, la Commission rappelle que cette mission doit s’exercer dans le strict respect des principes de droit. « Les forces de sécurité jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’ordre public. Toutefois, l’exercice de cette mission doit, en toutes circonstances, respecter les principes de légalité, de proportionnalité et le respect de la dignité humaine », souligne le communiqué.
La Commission estime que ces pratiques peuvent porter atteinte à l’intégrité morale des personnes concernées. Selon elle, ces actes « sont susceptibles d’être assimilés à des traitements humiliants ou dégradants ». Au-delà de cette mise en garde, la CNDHL insiste sur la nécessité d’un encadrement légal clair de toute restriction des libertés individuelles. « Toute restriction imposée aux citoyens doit reposer sur une base légale claire et s’exercer dans le strict respect des droits et libertés garantis par les lois de l’Union des Comores ainsi que par les engagements internationaux du pays », rappelle l’institution.
Dans cette perspective, la Commission appelle les responsables de la police nationale à faire preuve de vigilance dans la conduite des opérations de terrain. Elle les invite notamment « à veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux et à privilégier des méthodes d’intervention conformes aux principes de l’État de droit ». La CNDHL recommande également un renforcement des actions de sensibilisation et de formation des agents sur les questions liées aux droits humains et à la déontologie professionnelle. La Commission réaffirme également son engagement en faveur de la protection de la dignité humaine, du respect des libertés fondamentales ainsi que du renforcement de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC