Le 16 mars 1970, Soavinandriana-Antananarivo (Madagascar) le président SMC rendait l’âme. Il n’est pas nécessaire au cours ce cours article de faire une biographie de cet illustre personnage qui avait su marquer de son empreinte toute la classe politique de son époque.
On peut toujours rappeler quelques éléments : il a fait ses études primaires à l’école officielle de Mitsamiouli et ses études secondaires à l’École Régionale de Mutsamudu avant de poursuivre ses études supérieures à l’école de médecine d’Antananarivo à Madagascar, études qu’il termine en 1928. Ce fut donc le premier médecin comorien. Son premier poste fut Foumboni avant d’être affecté à Fomboni Mohéli. Il a été rappelé sous le drapeau comme médecin militaire à Majunga (Madagascar, de 1936 à 1944). SMC a joué un rôle déterminant dans la résolution de la crise d’avril 1940 dans les plantations coloniales de Nyumakele (Anjouan). L’issue pacifique de cette crise l’a propulsé au premier rang de la scène politique.
Il abandonne complètement la médecine en 1945 et se lance dans la politique en devenant député au sein de l'Assemblée Nationale française de 1945 à 1961. Il s'inscrit dans le groupe socialiste de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance. Il est le chef du parti vert face au parti blanc du prince Said Ibrahim.
Il œuvre pour détacher administrativement les Comores de Madagascar ce qu'il obtient en 1946. Il a réussi à faire abroger la loi d’annexion de l’archipel des Comores comme dépendances envers Madagascar en 1912. En 1954, il est désigné pour représenter la France et l'Union française à l'Assemblée des Nations unies. En 1961, il est élu le premier président du Conseil de gouvernement par la Chambre des députés des Comores.
Cinquante deux ans près sa disparition, ses enseignements continuent à faire partie de la panoplie médiatique du microcosme comorien et de l’opinion. Les radios ne manquent pas l’occasion de diffuser en intermède des extraits de ses allocutions concernant nos comportements qui n’ont pas changé d’un iota depuis sa disparition.
Pour notre part, à chacun de ses anniversaires nous rappelons ces fortes paroles du grand homme : « Un peuple qui ne mange pas à sa faim, qui n’a pas un travail régulier, qui ne sent pas qu’on s’intéresse à sa santé, à son instruction à son avenir, est toujours prêt à mettre en doute le pouvoir politique qui le dirige ».
Et nous notions toujours que ces paroles n’ont pas été tenues par un nos syndicalistes mais par le regretté Président Said Mohamed Cheikh le 29 octobre 1961, à la tribune de l’Assemblée Nationale Française, alors qu’il était député des Comores. Dans ce même discours, il avait dit que : « ils (les problèmes économiques) conditionnent tout le progrès social possible, et en même temps la stabilité politique elle-même. »
Aujourd’hui, tout le monde en convient, il y a un trop plein dans la sphère politique. Aussi la prise en compte des problèmes économiques et la recherche des solutions pour les résoudre est un impératif hier comme aujourd’hui. Le débat politique doit descendre dans l’arène économique.
Mmagaza
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