La confédération syndicale internationale saisit le ministre de l’emploi pour revoir sa décision sur la crise qui règne au sein de la caisse nationale de solidarité et prévoyance sociale. Pour rappel, les représentants de la CTC sont évincés du conseil d’administration. Le cri d’orfraie de la CTC (confédération des travailleuses et travailleurs des Comores) a fait écho à l’international.
Dans un courrier adressé au ministère de l’emploi en date du 13 mars, la CSI (confédération syndicale internationale) rejoint la CTC pour dénoncer « l’ingérence » dudit ministère au conseil d’administration de la caisse nationale de solidarité et prévoyance sociale où les représentants des travailleurs sont débarqués sans ménage. Dans un communiqué de la veille, soit le 12 mars, le bureau exécutif national de la CTC a dénoncé et condamné « le coup de force perpétré au conseil d’administration de la caisse nationale de solidarité et prévoyance sociale par la désignation non conforme au cadre légal, des représentants travailleurs au CA de cette institution ».
La CTC estime que cette « ingérence » est à l’initiative de « deux fonctionnaires affectés à la CNSPS avec la complicité d’une organisation patronale d’Anjouan cautionnée par le chef de cabinet du ministère en charge du travail ». Sans tarder, la CSI (confédération syndicale internationale) a réagi : « Nous constatons que depuis 2011, un processus de reforme de CNPS a été entamé dans le respect du tripartisme et avec la collaboration de la confédération des travailleuses et travailleurs des Comores (CTC) et que ce processus aboutit à l’adoption d’un nouveau statut de l’institution », rappelle la CSI dans ce courrier signé par son secrétaire général, Sharan Burrow et adressé au ministre de l’emploi, Mahamoud Salim.
Depuis Bruxelles où se trouve le siège de la CSI, Sharan Burrow dénonce dans ce contexte, la nomination du nouveau directeur de la CNSPS, qui a été annoncée « sans consulter au préalable le conseil d’administration (…) et qui ne respecte pas les engagements pris dans le cadre du dialogue social ». A cet effet, la CSI « considère que cette décision n’est qu’une mesure visant à écarter la CTC » et demande par la suite au ministre de « prendre rapidement les mesures correctives afin de sauvegarder le dialogue national et le tripartisme au sein de la CNSPS ».
Le conseil d’administration de la caisse nationale de solidarité et prévoyance sociale est composé de 12 membres. Quatre pour le gouvernement, quatre pour les employeurs et quatre pour les travailleurs. Selon le patron de la CTC Salim Soulaimana, les représentants des travailleurs sont mis à l’écart par le ministère de l’emploi. « Ils ne veulent pas que nous voyions les états financiers de 2017 qui comportent des dépenses exorbitantes effectuées lors de voyages de complaisance. Ils ont désigné d’autres membres (travailleurs) à notre insu, donc en dehors du cadre légal », tempête celui qui n’écarte pas un procès judicaire pour défendre les droits des travailleurs.
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