À Nioumachoi, sur l’île de Mohéli, la mangrove de Bangacharini, véritable poumon écologique couvrant 65 hectares, est aujourd’hui gravement menacée. En cause : l’extraction de sable, autorisée localement, qui met en danger un écosystème essentiel à la biodiversité et à la survie des communautés riveraines.
Située à Nioumachoi, la mangrove de Bangacharini est la plus vaste des Comores. Cet écosystème joue un rôle crucial dans l’équilibre environnemental : il protège les côtes contre l’érosion, sert de nurserie pour de nombreuses espèces marines, contribue à la régulation du climat et constitue une ressource vitale pour les populations locales. Mais aujourd’hui, ce patrimoine naturel unique est en danger. L’extraction de sable, pratiquée de manière régulière avec l’aval de la mairie, fragilise considérablement le site. Les passages répétés de camions et les prélèvements massifs de sable déstabilisent les sols, exposant les racines des palétuviers et menaçant la survie de l’ensemble de la mangrove. À cette pression directe s’ajoutent d’autres menaces : coupes illégales de bois, extension des activités agricoles et pollution croissante.
Autant de facteurs qui accélèrent la dégradation de cet écosystème déjà vulnérable. Sur place, l’inquiétude est palpable. Des habitants, sous couvert d’anonymat, dénoncent une situation alarmante : « Nos mangroves disparaissent sous nos yeux. Les camions transportent le sable en continu, avec l’autorisation de la mairie. » Un autre témoin affirme : « Un agent municipal est présent quotidiennement sur la plage avec un cahier de notes, aux côtés des camionneurs. Pourtant, rien n’est fait pour stopper cette destruction. » Face à cette situation, le Directeur du Parc national de Mohéli a entrepris plusieurs actions de sensibilisation et tenté d’engager un dialogue avec les autorités locales et les exploitants.
Malgré ces efforts, aucune amélioration notable n’a été constatée à ce jour. Les conséquences d’une disparition de la mangrove de Bangacharini seraient dramatiques : perte irréversible de biodiversité, chute des ressources halieutiques, exposition accrue des côtes aux tempêtes et impact direct sur les moyens de subsistance des populations locales. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer des mesures urgentes. Encadrement strict, voire interdiction de l’extraction de sable, restauration des zones dégradées et engagement politique fort apparaissent désormais indispensables pour préserver ce trésor écologique national. « Si rien ne change, nous allons tout perdre », alertent les habitants, appelant à une mobilisation immédiate avant qu’il ne soit trop tard.
Riwad
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