La Gazette

des Comores

Affaire des 50 kilos de lingots : Garder ou rendre les deux Malgaches ?

Affaire des 50 kilos de lingots : Garder ou rendre les deux Malgaches ? © : HZK-LGDC

Une délégation malgache de haut niveau est arrivée à Moroni ce mardi 11 janvier pour négocier l’extradition des deux Malgaches poursuivis dans l’affaire dite de 50 kilos de lingots d’or saisis à l’aéroport de Hahaya le 28 décembre. Une course où rien n’est gagné d’avance…


Le gouvernement malgache a dépêché une délégation spéciale à Moroni pour négocier l’extradition des deux de leurs compatriotes arrêtés et poursuivis aux Comores dans l’affaire dite de trafic de 49 kilos de lingots d’or saisis sur trois individus à l’aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim le mardi 28 décembre dernier. Azaly Failaza Pacheco et Pierre Stenny, sont les deux suspects de nationalité malgache arrêtés avec un Comorien répondant au nom d’Elhad Ibrahim Halifa. Les trois comparses très défavorablement connus des services judiciaires de leurs pays respectifs étaient sur le point de s’envoler pour Dubaï à bord d’un jet privé arrivé du même pays depuis la veille, avec 28 pièces de lingots d’or dont le poids est évalué à 50 kilogrammes par la Banque centrale des Comores où ils sont conservés depuis le vendredi 7 janvier, soit près de deux semaines après la saisie.

 

La Cour suprême malgache a émis des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre des deux Malgaches postérieurement à leur arrestation. Interrogé par La Gazette des Comores, l’avocat au Barreau de Moroni Kamardine Mohamed estime que la procédure est viciée. « Telle qu’elle paraît formulée, on peut considérer que la procédure habituelle n’a pas été respectée. De là à dire qu’elle soit irrégulière, il conviendrait de souligner que ladite demande devrait préalablement résulter de note et saisine par voie diplomatique. On peut admettre que la demande malgache est illégale pour les motifs suivants. Étant donc un mandat d’arrêt international, Tana est tenu de saisir préalablement Interpol ».

 

Parallèlement aux mandats d’arrêt, rappelons qu’Antananarivo a introduit une demande d’extradition au ministre de la justice en vue de juger sur leur territoire les deux mis en cause. La partie malgache a cité la convention d’entraide judiciaire entre les deux pays qui date du 12 novembre 1976 pour étayer sa demande. « Cette convention en son article 6, dernier alinéa autorise le pays requis à refuser l’extradition d’individus faisant déjà l’objet de poursuites judiciaires sur son territoire. Ce qui est le cas des deux intéressés, arrêtés au matin du 28 décembre 2021 et placés en mandat de dépôt depuis le 05 janvier 2022 », tient à rappeler notre interlocuteur.

 

Il poursuit : « Au stade actuel de l’instruction dont aucune comparution au fond des inculpés n’a encore été faite, il serait opportun de les garder. Aucune confrontation entre les poursuivis ne sera alors facile. Pour des infractions commises sur le territoire national. L’État comorien peut se réserver le droit absolu de déférer cette demande d’extradition jusqu’à la clôture de l’instruction ». Le juriste rappelle qu’en 2018, Amnesty international a fait état de plus de 50 détenus décédés dans des conditions obscures à Madagascar. En 2020, ce sont 20 détenus qui ont passé de vie à trépas dans les mêmes circonstances troubles.

 

Andjouza Abouheir

 


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