Après deux jours de tension liés aux manifestations des jeunes suite à la mort d’Akbar Issoufa, la situation est revenue à la normale à Fomboni. La libération de dizaines de personnes interpellées, l’arrivée des plus hautes autorités sécuritaires à Mohéli et l’appel à l’apaisement d’un membre de la famille du défunt ont contribué à restaurer le calme dans la capitale, malgré une manifestation pacifique annoncée pour le dimanche 21 décembre, finalement avortée.
En début de soirée du mercredi 17 décembre, une quarantaine de personnes jusque-là retenues à l’escadron de Bonovo ont été libérées. Une décision accueillie avec soulagement par une population éprouvée par deux journées consécutives de fortes tensions, les mardi 16 et mercredi 17 décembre, liées à l’affaire Akbar Issoufa, dont le décès continue de susciter émotion et interrogations.
Malgré ces libérations, la situation sécuritaire est demeurée préoccupante durant une grande partie de la journée du jeudi 18 décembre. Des hommes en treillis continuaient de quadriller plusieurs quartiers de Fomboni, tandis que les gendarmes cités dans cette affaire restaient maintenus à l’escadron de Bonovo pour des raisons de sécurité. Le domicile de l’un d’eux aurait fait l’objet d’une intrusion, amenant les forces de l’ordre à placer l’intéressé et sa famille sous protection. Par ailleurs, la buvette de Fadhel Bianrif, le jeune ayant été en contact avec Asma, de nationalité égyptienne et citée dans l’affaire, a été saccagée à Mabahoni. Ce dernier a également été également mis en sécurité pendant quelques jours.
Face à l’escalade des tensions, le chef de la Gendarmerie nationale, le lieutenant-colonel Djanfar Ousseine, accompagné de la gouverneure de Mohéli, Chamina Ben Mohamed, alors en déplacement à Ngazidja, s’est rendu en urgence sur l’île dès le mercredi. Une cellule de crise a été installée au siège du gouvernorat à Bonovo, réunissant autorités politiques et responsables militaires afin de coordonner les actions de sécurisation et de rétablissement de l’ordre public.
Dans le même temps, des interpellations ciblées se sont poursuivies dans plusieurs quartiers de Fomboni jusqu’au jeudi matin, tandis que les autorités multipliaient les efforts de médiation pour éviter une aggravation de la situation.
Un tournant décisif est intervenu en début de soirée du mercredi 17 décembre avec la prise de parole d’Afretane Issoufa, ancien ministre des Infrastructures, actuel directeur régional de la Société des hydrocarbures et frère aîné d’Akbar Issoufa. Dans une déclaration empreinte d’émotion diffusée sur les réseaux sociaux, il a appelé la population à l’apaisement, invitant à privilégier les prières et à faire confiance à la justice. « La paix dans notre pays est primordiale », a-t-il insisté. Dans la foulée, l’ensemble des personnes interpellées a été libéré.
Malgré cet appel, des contestataires ont maintenu leur intention d’organiser une marche pacifique le dimanche 21 décembre pour réclamer « vérité et justice ». Non autorisée par le préfet du centre, la mobilisation n’a finalement pas eu lieu. Dès le samedi soir, deux figures présumées de l’initiative ont été brièvement interpellées avant d’être relâchées.
Riwad
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