La Gazette

des Comores

Aérien : Aussitôt inauguré, Royal Air contraint de suspendre ses vols

Aérien : Aussitôt inauguré, Royal Air contraint de suspendre ses vols © : HZK-LGDC

La nouvelle compagnie aérienne inauguré en grande pompe il y a deux semaines n’aura pas survolé longtemps le ciel comorien, contrainte par l’aviation civile de suspendre ses activités pour des raisons administratives.


Coup dur pour cette compagnie qui n’en est réellement pas une. Le 16 mars, la quasi-totalité des médias nationaux était invitée à couvrir un événement de taille : l’inauguration du premier vol de la nouvelle compagnie aérienne Royal Air. Une compagnie qui se voulait comme solution à la continuité territoriale, mise à rude épreuve après la récente disparition d’Int’Air Iles, l’une des deux compagnies assurant ce service public.

 

Seulement, les choses ne sont pas passé comme prévu. Cinq jours seulement après le lancement, l’Aviation civile (Anacm) a annoncé la suspension des activités du nouveau-né du ciel comorien pour défaut aussi bien de permis d’exploitation que d’assurance supplémentaire. L'avion de type LET 410 est exploité par Kush Air basée à Juba au Soudan du Sud, aurait une assurance qui couvre toutes ses activités « dans le monde entier ».

 

« En voulant l'exclusivité de l'exploitation de l'avion, une assurance additionnelle qui couvrira ses activités en Union des Comores est exigée auprès de la compagnie Royal Air. La compagnie n'ayant pas été en mesure de fournir cette assurance additionnelle a, sur sa propre initiative, opté de rendre l'avion à sa base d'exploitation le 20 mars 2024 », peut-on lire dans le communiqué de l’Anacm qui n’a pas omis de préciser que les procédures pour la certification de Royal Air sont « en cours ». En d’autres termes, Royal Air n’a pas encore d’existence légale

 

La question qui se pose, pourquoi l’aviation civile exige une « assurance additionnelle » dès lors qu’elle admet que l’aéronef est couvert par une assurance qui couvre toutes ses activités « dans le monde entier » ? « Je ne pense pas qu’ils avaient une assurance de couverture mondiale. Sinon quelle serait la logique d’en demander une autre pour les Comores ? », s’étonne un opérateur aérien nourri dans les sérails. « Une assurance d’un avion comme le leur (un LET 410 de 19 places, Ndlr), coute aux environs de 45.000 dollars par trimestre. Je ne vois pas une assurance sérieuse s’aventurer avec une compagnie qui exploite ses avions dans une zone en guerre, à savoir le Soudan. Soit ils n’avaient pas d’assurance du tout, soit ils en avaient une fantaisiste ».

 

Aujourd’hui, la société Kush Air Sud Soudan qui avait fourni le Let à Royal Air est détentrice de trois aéronefs…immatriculés aux Comores. Pourtant, la réglementation comorienne ne permet pas l’immatriculation des aéronefs dès lors que la société qui procède à l’immatriculation n’est pas de droit comorien ou que le propriétaire ne justifie pas d’une résidence aux Comores. Autre question qu’on peut légitimement se poser : pourquoi Kush Air a fait le choix d’immatriculer ses aéronefs aux Comores alors qu’aucune des conditions citées n’est remplie et que ladite compagnie est également installée en Ouganda ? S’agit-il d’un blanchiment de fonds ? Quelle aviation civile accepterait de laisser les aéronefs portant l’immatriculation de son pays voler dans une zone de non-droits, comme le Sud Soudan, sachant pertinemment qu’elle figure sur la liste noire de l’OACI des pays qui ne répondent pas aux exigences de sécurité définies par cette institution internationale ?

 

 

TM

 

 

 

 

 


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