Le collectif « Trop c’est trop » a tenu une conférence de presse le mercredi 11 février dernier, dans la capitale afin d’inviter la population à participer à une commémoration prévue le 17 février au Foyer Awlad Comores, à Ngazidja. Une rencontre que le collectif présente comme un moment d’échange avec la société civile autour de la question des prisonniers qualifiés de politiques.
Selon Ahmed-Hachim Said Hassane, responsable du Collectif, cette initiative vise à créer un espace de discussion et de rassemblement. « C’est un moyen de se retrouver avec la société civile pour parler des prisonniers politiques, puis fêter ensemble », explique-t-il. « Comme pour la fête de l’indépendance dans chaque coin des Comores, les gens ont le droit de fêter », ajoute-t-il. De son côté, Hatim Ahmed, membre du Collectif, précise que l’événement du 17 février constitue « une sorte de rappel pour les prisonniers politiques ». « Il s’agit de ne pas les oublier et de rappeler qu’ils sont toujours détenus », souligne-t-il. Au cours de la conférence, le Collectif a également rendu publique une liste actualisée au 9 février 2026, recensant plusieurs dizaines de personnes arrêtées ou condamnées dans le cadre de différentes affaires judiciaires, notamment celles de la médina de Mutsamudu, de « l’affaire des mines » et de « l’affaire du colis piégé ».
Outre l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, détenu depuis 2018, la liste mentionne également l’ancien gouverneur d’Anjouan Salami Abdou, détenu depuis octobre 2028 et condamné à douze ans de prison ferme en mars 2022 par la Cour de sûreté de l’État, ainsi que Aboutoihia Ali Toumani, Nassur Mohamed alias Djif, Abdou Anfane alias Mwintché et Yssouf Mohamed alias Nourous, condamnés dans le dossier de la Médina. Dans le cadre de « l’affaire des mines », figurent notamment Ibrahim Bacar Mohamed Sidi alias Paco, Ahmed Eli, Saïd Mohamed, Hamidou Ismael alias Kassapa ou encore Saindou lsmael alias Abou, condamnés à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison ferme.
Concernant « l’affaire du colis piégé », le communiqué cite plusieurs dizaines de noms, parmi lesquels Archimed Zoubidane, Amboudi Ahmed alias Capitaine, Ali Mohamed alias Coca, Toioufik Mistoihi Soilihi, ainsi que d’autres détenus actuellement incarcérés à la prison de Koki ou à la gendarmerie de Hombo. Le document mentionne également des cas d’expulsions depuis Mayotte ou Madagascar et des arrestations liées à des dossiers qualifiés par le Collectif de sensibles, dont celui du journaliste Hadji Soifayini. « Cette liste est une mise à jour destinée à informer l’opinion publique », précise le communiqué, qui dénonce des « détentions à caractère politique ». À ce stade, aucune réaction officielle des autorités n’avait été enregistrée. Les autorités ont, à plusieurs reprises, affirmé que ces condamnations relèvent de décisions de justice rendues par les juridictions compétentes.
Mohamed Ali Nasra
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