Comme convenu, le ministère de la santé a relancé la campagne de vaccination contre le choléra ce mardi 29 octobre à Mitsamiouli. Cette initiative vise à redoubler d’effort, pour atteindre probablement l’immunité collective estimée à 90% mais également vacciner les zones touchées à Ngazidja.
La résurgence des cas de choléra pousse le pays à agir. Surtout que jusqu’à ce jour l’immunité collective estimée à 90% n’est toujours pas atteinte. Dans la foulée, le ministère a relancé la campagne de vaccination, ce mardi 29 octobre à Mitsamiouli. Lors du lancement, le directeur de l’hôpital pôle de Mitsamiouli Zainoudine Abidine, explique que cette initiative a pour but de sensibiliser la population de Ngazidja sur la lutte contre le choléra. « Comme vous le savez la campagne de vaccination a débuté depuis plusieurs mois mais ici à Ngazidja, dans certaines régions, les citoyens ne se sont pas vaccinés. Je dirais que c’est peut-être dû à une mauvaise explication qui a causé la résurgence de la maladie. Depuis le début de la pandémie, heureusement, un changement positif a été remarqué car depuis cette campagne, il n’y a plus de mort enregistré et les cas ne sont plus considérables à l’hôpital », précise-t-il.
Le ministre de l’éducation Aboubacar Mvoulana, estime que cette campagne est cruciale pour la santé et le bien-être des enfants et de la communauté. « Cette campagne de vaccination contre le choléra cible en priorité les milieux scolaires de l’île de Ngazidja. Cette décision n’est pas seulement une réponse à une urgence de santé publique mais elle représente un engagement à long terme de protéger nos familles et bâtir un avenir plus pour nos enfants », souligne-t-il. Avant d’ajouter : « Nous commençons par les établissements car ils sont le cœur de l’avenir, les enfants y passent une grande partie de leur de temps et les enseignants jouent un rôle sans faille à la sensibilisation et la diffusion des bonnes pratiques d’hygiène ».
Quant au ministre de la santé, Dr Nassuha Oussene Salim, il rappelle que le début de cette épidémie remonte au 02 février 2024. « C’est grâce à l’appui de nos partenaires, qu’on a pu réussir à contrôler la propagation de la maladie. Ce qui a permis au pays de passer plus de 3 mois sans enregistrer de nouveaux cas. Cependant, quand nous nous apprêtions à déclarer la fin de l’épidémie, de nouveaux cas ont été signalés dans le nord de Mitsamiouli, en enregistrant malheureusement 3 décès le 17 septembre 2024. A la date du 29 octobre 2024, nous comptons au total 303 cas dépistés dont 73 confirmés et 3 décès soit une létalité de 0,9% », confie-t-il.
Il précise que face à cette situation, le gouvernement comorien à travers le ministère de la santé et en collaboration avec le ministère de l’éducation et de ses partenaires techniques et financières s’est résolument engagé à protéger rapidement la population en particulier les plus vulnérables tels que les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les personnes âgés en introduisant une vaccination depuis le 09 juillet 2024 au niveau des 3 îles. « A ce jour, 488.185 sur un total de 833.236 personnes ont été vaccinées contre le choléra, soit une couverture générale de 59% répartis dans les 3 îles. Cette vaccination a considérablement aidé le pays à accroitre sa résilience face à la propagation de la maladie dans des communautés bien qu’elle n’a pas encore atteint l’immunité collective estimée à 90%. Cela explique malheureusement la recrudescence des cas notamment sur l’île de Ngazidja particulièrement dans les districts de Mitsamiouli et au centre de Moroni », déplore-t-il.
Mohamed Ali Nasra
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