La Gazette

des Comores

Vaccination anticholérique : Une protection « partielle » et « temporaire »

Vaccination anticholérique : Une protection « partielle » et « temporaire » © : HZK-LGDC

Pour mieux accompagner le pays à endiguer le choléra, Dr Mondoha Maoulida au front en cette période d’épidémie appelle à la grande vigilance et à l’application des mesures d’hygiène. « Le vaccin ne protège que partiellement et temporairement contre le choléra, contrairement aux mesures d’hygiène qui offrent une protection durable contre plusieurs maladies »


À l’approche de la période des cérémonies coutumières et des vacances de juillet-août, le Dr Mondoha Maoulida appelle la population à redoubler de vigilance et de continuer à appliquer les mesures d’hygiène pour accompagner le pays dans la lutte contre le choléra. Selon lui, ces événements sociaux rassemblent de nombreuses personnes autour des repas collectifs et peuvent également devenir des foyers de contamination, favorisant la propagation du choléra. Quant aux jeunes, ils participent à des barbecues collectifs et à des fêtes sans mesures d’hygiène. D’où l’idée de redoubler de vigilance en ayant une synergie entre vaccination et mesures d’hygiène. « Les autorités ont lancé une campagne de vaccination de masse. Bien que cruciale, cette initiative ne peut se suffire à elle-même. La vaccination, malgré son importance, n’offre pas une protection absolue et son efficacité reste temporaire », lance-t-il.

Il explique que les vaccins anticholériques oraux (OCV), tels que l’EUVICHOL, plus  administré aux Comores, nécessitent deux doses, espacées d’au moins deux semaines, pour conférer une protection effective sur une durée de trois ans. L'efficacité de ces vaccins varie de 66% à 86% sur une période de 4 à 6 mois, de 45% à 62% sur un an, et de 58% à 77% sur deux ans. « Il est essentiel de comprendre que la vaccination seule ne suffira pas à éradiquer l’épidémie ni à prévenir une recrudescence des cas, surtout pendant les périodes des mariages et des vacances. De plus, il est pratiquement impossible de vacciner l'ensemble de la population avant la saison des mariages. La vaccination à deux doses peut augmenter le risque de perdre de vue des individus lors de l’administration de la deuxième dose. La vaccination en une seule dose du OCV n'offrant qu'une protection limitée », précise-t-il, tout en montrant qu’une confiance excessive en la vaccination pourrait inciter la population à négliger les mesures d’hygiène, sous l’illusion d’une protection totale contre le choléra. « Le vaccin ne protège que partiellement et temporairement contre le choléra, contrairement aux mesures d’hygiène qui offrent une protection durable contre plusieurs maladies ».

Pour cet expert des maladies hydriques, la vaccination doit impérativement être accompagnée par une forte sensibilisation et une adoption rigoureuse des mesures d’hygiène en intégrant les leaders communautaires en vue de pérenniser les mesures d'hygiène dans les activités  traditionnelles. L’accès à l’eau potable doit être aussi une priorité. « L'accès à l'eau potable constitue un défi majeur aux Comores en raison de son coût élevé. Et durant cette période l’inflation et une pénurie d’eau peuvent être observée. « Une initiative prometteuse consisterait à réduire le prix de l’eau potable durant cette période critique en diminuant les taxes sur les bouteilles d’eau et autres contenants, en particulier les bonbonnes de recharge », invite-t-il. À ce jour, 10.027 personnes ont contracté la maladie depuis le début de l’épidémie et 146 d’entre elles ont malheureusement perdu la vie. 

Andjouza Abouheir

 


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