La campagne de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) a été lancée mardi dernier à Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan. L’initiative constitue une avancée importante pour la santé publique. « Chaque année dans le monde, l’infection par le HPV provoque un nombre important de cancers, notamment le cancer du col de l’utérus, et cause des centaines de milliers de décès », rappelle le Dr Alibaba, chef du Centre médical urbain (CMU) de Mutsamudu. Cette campagne peut « sauver des vies, protéger des familles et préserver la santé future des jeunes filles ».
Selon les données récentes de World Health Organization (OMS), en 2022 environ 660 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus ont été diagnostiqués dans le monde, et environ 350 000 femmes en sont décédées. Le cancer du col de l’utérus est la quatrième cause de cancer chez les femmes à l’échelle mondiale. Par ailleurs, une étude plus large sur les cancers liés au HPV estime qu’en 2022, les cancers attribuables au HPV ont provoqué au total environ 755 303 décès à travers le monde, hommes et femmes confondus. Anjouan n'est donc pas épargnée. Cela signifie que chaque année, des centaines de milliers de vies sont perdues à cause d’un virus pour lequel il existe des moyens de prévention efficaces, et à en croire plusieurs émissions de sensibilisation, c’est « un drame sanitaire d’une ampleur considérable, mais évitable ». La très grande majorité des cas de cancer du col de l’utérus, ainsi que d’autres cancers liés au HPV (anus, vulve, vagin, gorge, etc.), pourraient être évités grâce à la vaccination et à un dépistage précoce.
C’est dans ce contexte que la décision des autorités comoriennes d’organiser une campagne nationale de vaccination, ciblant les filles âgées de 9 à 14 ans, prend tout son sens. En effet, vacciner avant l’entrée dans la vie sexuelle permet de bloquer l’infection par les types HPV à haut risque, ceux qui causent les cancers, avant qu’ils ne puissent entraîner des lésions précancéreuses. Largement expliqué ce facteur par les communicants et avertisseur des automobiles. À Mutsamudu, la campagne est menée dans de nombreuses écoles, notamment École Wemani Mirontsi, École Hamchaco Mirontsi, École Soirhane Mirontsi, École Udzima Mirontsi, École Neimane Pama, comme des établissements primaires (EPP) : Annexe Pagé, EPP Mjimandra, EPP Hombo, EPP Chitsangani, École Kibala, École Wemani, EPP Moimoi. En plus des écoles, le Centre médical urbain (CMU) de Mutsamudu est également mobilisé pour accueillir toute personne souhaitant se faire vacciner.
La vaccination est un geste de protection. Lors de la cérémonie de lancement, une dizaine de jeunes filles ont déjà reçu la première dose, en présence de leurs parents, un signe encourageant d’un engagement collectif pour la santé. « Il est urgent que tous les parents comprennent l’enjeu : le vaccin contre le HPV n’est pas seulement un simple geste de prévention, c’est un bouclier contre un fléau qui tue des centaines de milliers de femmes chaque année. En participant massivement, c’est autant de vies sauvées, de familles préservées du chagrin, et d’avenir pour des adolescentes comoriennes », explique Dr Abdoulhousseine Saindou alias Alibaba, chef du CMU Mutsamudu. Une dizaine de jeunes filles ont tenu publiquement les micros pour lancer un message de prévention à d'autres jeunes de 9 à 14 ans.
Younes
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