La Gazette

des Comores

Un médecin aux urgences après deux injections de Sinopharm le même jour

Un médecin aux urgences après deux injections de Sinopharm le même jour © : HZK-LGDC

Un médecin de l’hôpital de Santé militaire de Moroni a fini aux urgences d’El-maarouf après avoir reçu, contre sa volonté, deux injections du vaccin chinois Sinopharm le même jour.


C’est une histoire invraisemblable qui concerne directement un milieu où la précaution et la déontologie sont censées être la règle. Mercredi dernier, un médecin exerçant à l’hôpital de Santé militaire de Moroni a reçu le même jour les deux injections du vaccin Sinopharm contre le coronavirus, pendant que l’intervalle recommandée par l’OMS concernant ce vaccin chinois est de trois à quatre semaines entre la première et la deuxième dose.

 

Le cauchemar qu’a vécu le jeune médecin Mondoha Maoulida est loin d’être le fâcheux résultat d’une décision irréfléchie de sa part. Il a été contraint. En effet, selon une source médicale, l’intéressé a reçu une première injection à l’hôpital El-maarouf. Mais une fois à la Santé militaire où il exerce, « ses supérieurs hiérarchiques l’ont contraint à se faire vacciner ». Le médecin s’est battu bec et ongles pour raisonner ses collègues, sans succès. Selon des témoins oculaires, il a été retenu « par au moins quatre personnes » pour recevoir une autre dose que la Santé militaire considère comme la toute première, car ne reconnaissant pas l’injection de l’hôpital El-maarouf selon toujours notre source. Des affirmations corroborées en tout cas par les deux cartes de vaccinations dont nous nous sommes procurés copies. Les deux documents d’El-maarouf et de la Santé militaire qui portent la même date, le 28 juillet 2021, indiquent chacun que c’est la première dose.

 

Suite à une température élevée, l’intéressé s’est rendu aux urgences d’El-maarouf où il a été gardé pendant 24h. « Il est actuellement chez lui. Sa situation était stable [en sortant de l’hôpital] », indique le docteur Djabir Ibrahim, le médecin en chef des services des urgences de l’hôpital El-maarouf. Nous avons essayé de joindre le Dr Naoufal Boina, patron de la Santé militaire, en vain. Nous aurions dû lui demander s’il est vrai il n’a pas voulu reconnaitre la première injection, quitte à en « déchirer » l’attestation (la carte de vaccination). Selon un spécialiste de l’OMS Comores, M.Mondoha devra recevoir une autre dose dans trois-quatre semaine « car il s'agit du schéma normal pour atteindre le niveau (taux) voulu d'anticorps qui vont le protéger ». Nous ignorons si l’intéressé va porter plainte ou non, il n’a pas souhaité s’exprimer au moment où nous l’avions contacté.

 

Andjouza Abouheir

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.