Ce qui devait être un simple samedi en famille s’est transformé en véritable cauchemar pour Mohamed Chayehoi. En quelques instants, un petit jouet en plastique a failli coûter la vie à sa fille de six ans. Aujourd’hui encore bouleversé, ce père de famille a choisi de raconter cette épreuve pour sensibiliser les parents aux dangers parfois invisibles qui se cachent derrière certains jouets du quotidien.
Tout commence dans l’après-midi. Mohamed rentre du travail lorsqu’il apprend la nouvelle : sa fille vient d’inhaler une petite pièce d’un jouet alphabétique, un « X » miniature en plastique en forme de croix. Prise de panique, l'enfant avait immédiatement alerté sa mère. Pensant que l’objet avait été avalé, cette dernière lui donne rapidement de la banane mûre et de la papaye dans l’espoir qu’il descende naturellement dans l’estomac puis soit évacué. Mais la réalité était tout autre. Le petit objet ne se trouvait pas dans le système digestif. Il s'est coincé dans les voies respiratoires de la fillette. Quelques heures plus tard, dans la soirée de samedi, sa respiration devient sifflante. Comme l’enfant souffre déjà d’asthme, ses parents pensent d’abord à une crise respiratoire passagère. Pourtant, au fil des heures, son état ne s’améliore pas. Le lendemain, la famille se rend à l’hôpital de Ntsudjini avant d’être rapidement orientée vers le Centre hospitalier national El-Maarouf.
Pendant plusieurs jours, malgré la prise en charge du service de pédiatrie dirigé par le Dre Yacine Mohamed Saïdi, l’état de la fillette reste préoccupant. Une première radiographie ne révèle aucun corps étranger, laissant les médecins face à un diagnostic difficile. Mais devant l’aggravation persistante des symptômes, les équipes médicales décident d’approfondir les investigations. Le service ORL est sollicité en urgence. Le Dr Youssouf Mahamoud prescrit alors un scanner. Le résultat tombe : le petit « X » est bloqué dans le larynx de l’enfant. Selon les médecins, la forme particulière de l’objet a probablement évité le pire. L’air continuait à passer partiellement autour du jouet. Une obstruction complète aurait pu être fatale. Le vendredi suivant, la fillette est conduite au bloc opératoire pour une intervention délicate.
Sous anesthésie, les spécialistes réalisent une extraction endoscopique à l’aide d’une caméra miniature introduite dans les voies respiratoires. Grâce à la précision du geste médical et au plateau technique disponible à El-Maarouf, l’objet est finalement retiré avec succès. La fillette a été sauvée. Pour Mohamed Chayehoi, cette épreuve reste difficile à oublier. Mais au-delà du soulagement, il veut aujourd’hui lancer un message d’alerte à tous les parents. « Nous avons eu de la chance qu'elle s'en soit sortie Alhamdulillah, et nous remercions infiniment les médecins. Car nous avons appris à l'hôpital que les corps étrangers dans les voies respiratoires peuvent tuer », confie-t-il avec émotion.
Le père insiste désormais sur l’importance d’une vigilance permanente à la maison. Selon lui, les petits jouets, les perles ou certains objets du quotidien représentent un danger réel pour les jeunes enfants. « Il suffit de quelques secondes d’inattention », prévient-il. Les spécialistes alertent sur le danger des petits objets et aliments durs chez les jeunes enfants, comme les perles, jouets miniatures ou arachides, qui peuvent provoquer un étouffement grave. Ils rappellent qu’en cas d’inhalation, chaque minute compte et qu’une prise en charge rapide peut sauver une vie
Hamdi Abdillahi Rahilie
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