En atelier de restitution de l’enquête CAP, Docteur Marie-Reine Fabry, Représentante Adjointe de l’UNICEF explique sur les attentes de cette deuxième enquête dix ans après la première. Affirmant que les enfants comoriens souffrent de scolarisation, soit 1 enfant sur 7 selon leur enquête, elle démontre qu’un grand nombre des enfants sont impliqués dans le travail comme activités économiques et domestiques, soit 36,2%.
Questions : Quelles sont vos attentes face à cette deuxième enquête du CAP après celle de 2007 ?
Marie-Reine Fabry : Le CAP c’est l’étude des Connaissances, des Aptitudes et des Pratiques de la population comorienne. Il était important après la première enquête qui a eu lieu en 2008 d’en refaire une autre en 2019 pour comprendre pourquoi la population n’est pas toujours en demande des services qui sont offertes par le gouvernement, pourquoi, alors qu’il y a la vaccination partout dans le pays, les familles ne font pas systématiquement vacciner leurs enfants, pourquoi, alors qu’il y a un système scolaire qui existe, il y a encore des enfants qui sont encore déscolarisés. C’est un peu de comprendre comment la population perçoit les services qui leur sont offerts, pourquoi dans certains cas ils y vont et dans d’autres ils n’y vont pas. Essayer de changer notre stratégie de communication pour mieux faire comprendre le bénéfice des interventions à la population pour lever les fausses croyances que les populations peuvent avoir.
Nous avons entendu aujourd’hui (Ndlr : hier) dans la restitution de l’enquête que certaines personnes pensent que la vaccination c’est important pour faire parler l’enfant, ce qui est forcément une fausse croyance, ça n’a rien avoir avec cela et c’était important de comprendre tout cela pour pouvoir mieux corriger nos interventions. L’UNICEF appuie cette enquête pour venir en aide aux différents secteurs des différents ministères pour mieux orienter les actions.
Question : Comment expliquez-vous l’implication d’un pourcentage élevé d’enfants dans les travaux domestiques malgré les engagements pris de part et d’autre ?
M.-R.F : On espère que cette enquête va nous permettre un petit peu de comprendre. Déjà même dans l’audience et dans la présentation, il a été présenté que les populations pensent que les enfants ont des droits mais aussi des devoirs et que c’est pour elles une normalité que l’enfant travail. On a aussi entendu aujourd’hui que les populations pensent que c’est normal que les enfants soient violentés dans les écoles, formelles ou coraniques. Donc c’était important de devoir entrer dans les détails de ces analyses et de ces commentaires pour pouvoir changer les comportements et les attitudes et dire non ce n’est pas normal qu’un enfant soit violenté où que ce soit, que ce n’est pas normal qu’un enfant travaille. Les travaux domestiques là on s’entend, tout le monde peut faire des petits travaux domestiques mais de là à en faire un travail, non ça ce n’est pas acceptable. C’est d’essayer de comprendre tout ça pour essayer de changer le comportement de la population.
Question : Selon vous et votre expérience, qu’est-ce qui explique les barrières et les freins au niveau de la vaccination, de l’allaitement, etc. ?
M.-R.F : Il y a certainement plusieurs facteurs mais un des facteurs c’est la mauvaise communication et c’est pour cela qu’il est important que le gouvernement développe une stratégie de communication pour qu’on ait des messages clairs et que tout le monde passe les mêmes messages parce que les mamans, souvent, se retournent vers leurs sœurs, leurs amis, leurs grands-mères. Et s’il y a des fausses croyances, des fausses perceptions, elles vont être reconduites et va se dire que ma grand-mère disait ça, alors moi je continue à dire ça. Donc c’est vraiment important d’avoir une stratégie de communication et des messages clairs qui peuvent être soutenus par des évidences et qu’on montre, par exemple l’allaitement maternel exclusif qui n’est qu’à 12% ici et on a entendu que beaucoup pense à des fausses croyances comme quoi l’eau est importante chez l’enfant alors que ce n’est pas le cas, l’information. Comment on va sensibiliser pour que tout le monde ait le même message clair.
Propos recueillis par A.O Yazid
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