Lancée le 10 septembre dernier, la campagne du traitement de masse contre le paludisme serait un succès à en croire son Comité de Pilotage qui a tenu une conférence de presse, samedi dernier. Aucun décès n’a été enregistré suite à l’ingestion du traitement. Quant aux effets indésirables, les plus persistants sont pris en charge en milieu hospitalier.
Quelques jours après le lancement du traitement de masse contre le paludisme à la Grande-Comore, les responsables de la campagne ont tenu une conférence de presse, ce 14 septembre à Moroni, au siège du Programme National de Lutte contre le Paludisme. L’occasion pour eux d’apporter quelques précisions suite à la distribution de l’Artequick, molécule utilisée dans la lutte contre la maladie, qui a longtemps constitué un problème majeur de santé publique en Union des Comores.
Ce fut aussi l’occasion de dissiper « des fausses informations », comme le décès d’un jeune homme, présenté par certains comme la conséquence de la prise du médicament. A ce propos, le conseiller de la ministre de la santé, Nadjim-Dine Youssouf Mbechezi, présent à la conférence a tenu à démentir fortement, « la mort d’un jeune homme survenu après la prise de l’Artequick, aucun lien n’étant établi entre l’ingestion du traitement et le décès ».
Aucun mort enregistré donc mais beaucoup d’effets secondaires, lesquels sont sans doute amplifiés par les réseaux sociaux. Nausées, somnolences, diarrhée, vertiges. Le Comite de Pilotage du Traitement de Masse a tenu à en minimiser ses effets, « qui sont passagers ». Mais dans les cas persistants, il y a la mise en place d’une prise en charge en milieu hospitalier. Le Dr Tadjidine, responsable de la pharmacovigilance a tenu à faire savoir que « que le ministère de la santé en partenariat avec nos partenaires chinois ont mis en place une ligne budgétaire dédiée à l’acquisition des produits pharmaceutiques pour parer à toute éventualité dans le cadre de la prise en charge des effets secondaires ».
Justement, à propos de prise en charges, certains n’ont pas hésité à parler d’afflux aux Urgences d’El-Maarouf. Ici aussi, Nadjim-Dine Youssouf Mbechezi a précisé qu’il n’y avait pas beaucoup de gens qui se sont rendus à l’hôpital après s’être vus administrer l’Artequick. « Etant en contact direct avec le directeur général d’El-Maarouf, celui-ci m’a affirmé que l’hôpital n’avait enregistré que 75 passages pour 25 hospitalisations », a-t-il déclaré.
Pour autant, les grands-comoriens n’opposent pas beaucoup de résistance au traitement, à en croire les conférenciers, et la campagne se passerait même plutôt bien. Ils visent un taux de couverture de 95%, chiffre qu’ils sont à peu près sûrs d’atteindre. La coordinatrice du projet de traitement de masse, la Dr Harmia Mmadi a même évoqué « le succès du traitement, certaines localités ayant accepté de le prendre à 100% ».
Pour qui est du taux de couverture au niveau de l’île, le docteur Affane Bacar, Coordonateur du Pnlp a indiqué « ne pas pouvoir donner de chiffres à l’heure actuelle, mais pour ce qui est de la capitale, nous avons déjà dépassé les 85% de couverture ».
Ce traitement initié par les Chinois en 2013 pour la Grande-Comore, en partenariat avec les autorités de l’époque, n’avait pas obtenu les résultats escomptés. Dans un article publié par Uropve l’année dernière, le Dr Affane Bacar avait estimé que 50% seulement de la population résidant à la Grande-Comore avaient accepté de prendre le traitement alors que les taux à Anjouan et Mohéli avaient largement dépassé les 80%. Plusieurs professionnels n’avaient pas alors hésité à mettre en cause le caractère « intellectuel et méfiant » des habitants de cette île.
Toujours est-il qu’au delà des effets secondaires répertoriés, beaucoup s’interrogent sur les répercussions de l’Artequick sur la santé sur une durée plus longue. Réponse des conférenciers : « il s’est trouvé des médicaments qui ont été retirés du marché plusieurs décennies après leur lancement ». Rassurant ? Peut-être bien. Il faut aussi noter l’absence d’homologation de la Primaquine, « molécule secondaire, par l’Organisation Mondiale de la santé qui la recommande toutefois, le problème ne se pose pas pour l’Artequick molécule principale, homologuée par l’agence onusienne », a réagi le Dr Affane Bacar. Une autre source a affirmé « que le traitement n’était pas homologué par l’Oms mais que les pays étaient souverains ». A ce propos, certains font valoir « le lobbying des groupes pharmaceutiques « occidentaux » sur la vénérable organisation onusienne, face à un traitement présenté comme révolutionnaire, mais dont l’unique ‘défaut’ serait sa découverte « par des chinois ».
Fsy
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