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Situation au CHN El-Maarouf : Le retour des contractuels bloqué par un malentendu interne

Situation au CHN El-Maarouf :  Le retour des contractuels bloqué par un malentendu interne © : HZK-LGDC

La conviction d'une sortie de crise au CHN El-Maarouf a tourné court ce début de semaine. Signé mardi 28 avril entre le ministère de la Santé et le collectif du personnel soignant contractuel, le protocole d'accord prévoyait pourtant une reprise immédiate du travail. Sur le terrain, les soignants se sont heurtés au refus de plusieurs chefs de service de les réintégrer.


Après plusieurs semaines d'un conflit social éprouvant, les contractuels s'étaient présentés, comme convenu, pour reprendre leur poste. L'accueil espéré a viré à la confrontation. Le scénario s'est répété dans des unités stratégiques, notamment en hépato-gastro-entérologie et en anesthésie-réanimation. À leur arrivée, des soignants ont été refoulés par des médecins-chefs et des majors de service, invoquant des contraintes de « réorganisation interne ». Un infirmier contractuel n’en revient pas : « Nous sommes venus pour soigner, conformément à l'accord signé, mais on nous ferme la porte au nez », déplore-t-il. Il dénonce une incompréhension après des semaines de mobilisation. Un dysfonctionnement qui replonge l'hôpital de référence dans la pénurie de personnel qualifié et compromet, une nouvelle fois, la prise en charge des patients.

 

Comment un protocole paraphé par la tutelle peut-il être appliqué sans que les responsables opérationnels aient été formellement informés en amont ? Face au blocage, les avocats du collectif se sont rendus en urgence auprès du directeur général. Si la direction affirme officiellement valider la reprise, son autorité apparaît contestée dans les services. Sur place, des majors exigent que chaque agent remplisse une fiche individuelle de reprise, condition préalable à toute réintégration. Une démarche rejetée en bloc car pour eux, le protocole signé le 28 avril vaut engagement collectif et ne saurait être remplacé par des procédures supplémentaires. Membre du collectif, Zainoudine maintient une ligne de fermeté : « Nous sommes un seul corps. Il n'est pas question que certains reprennent pendant que d'autres sont laissés sur le carreau. C'est la réintégration de tous, ou de personne. »

 

Résultat ? La reprise reste partielle et désordonnée. Pour le moment, certains soignants ont pu regagner leur service, d'autres restent interdits de reprise, creusant un peu plus les divisions internes au sein des contractuels. Selon nos informations, on attend un document qui viserait à rappeler aux chefs de service l'obligation d'appliquer le protocole d'accord du ministère. Leur réintégration reste donc en suspens : elle ne dépend plus du protocole déjà signé, mais de la capacité de la direction à imposer son application à ceux qui s'y opposent. En attendant, ce sont les patients qui paient le prix fort de ce malentendu. Entre signatures et consignes contradictoires, ils observent avec amertume l'enlisement d'un conflit qu'on pensait fini.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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