Le ministère de la Santé et de la Protection sociale, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Projet de Résilience des Systèmes Alimentaires aux Comores (FSRP) et la Banque mondiale, a organisé une conférence ce mercredi 18 décembre à Moroni pour sensibiliser à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Le but était d’informer sur les enjeux et les solutions possibles.
Dans une salle combe, rassemblant plusieurs étudiants, des docteurs ont exposé leurs perceptions sur la résistance aux antimicrobiens pour sensibiliser la population. Le Dr Nahouza Mohamed Hassane, responsable de l’élevage au sein du projet FSRP et vétérinaire de formation, a pris la parole pour expliquer l’impact de la RAM dans le domaine animal. Il a détaillé les médicaments destinés à combattre les maladies animales et leur mauvaise utilisation, souvent à l’origine de la résistance. Selon lui, « l’usage inapproprié des antimicrobiens dans l’élevage contribue à la propagation de la résistance, mettant en péril aussi bien la santé animale que celle des humains à travers la chaîne alimentaire ». Il a insisté sur la nécessité de mettre en place des mesures strictes pour encadrer leur usage et protéger à la fois les animaux et les populations.
Le Dr Assoumani Mahmoud, pharmacien, s’est quant à lui concentré sur les problématiques relatives à l’amélioration de l’accès et de l’utilisation rationnelle des antimicrobiens chez l’homme. Il a présenté le cadre réglementaire existant au niveau de l’Union des Comores, tout en appelant à des efforts accrus pour le renforcer. « Il est essentiel de sensibiliser les professionnels de santé et le grand public sur l’importance de limiter l’automédication et d’utiliser les antibiotiques uniquement sous prescription médicale », a-t-il souligné.
Enfin, le Dr Dini Soulé, diplômé en santé humaine, a insisté sur l’importance des tests de diagnostic avant toute prescription d’antibiotiques. « Nous devons éviter les traitements probabilistes qui aggravent la résistance aux antimicrobiens. Il est crucial de privilégier des tests précis pour identifier la nature des infections avant de prescrire un traitement », a-t-il déclaré. Il a également exhorté les autorités sanitaires à investir davantage dans les infrastructures de diagnostic pour réduire la dépendance aux traitements hasardeux. Cette conférence a permis de mettre d’évoquer les multiples facettes du combat contre la RAM, tant dans le domaine animal que dans le domaine humain. Les organisateurs espèrent que cette initiative encouragera une prise de conscience collective et des actions concrètes pour endiguer cette menace.
Mohamed Ali Nasra
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