Les conséquences de la crise sanitaire de coronavirus ne se font pas attendre. Les pharmacies sont confrontées à des difficultés d’importation et surtout de dédouanement des médicaments, ce qui expliquerait une hausse décidée par les pharmaciens « pour ne pas vendre à perte ».
Tout ce qui est rare est cher, dit-on. Mais ce syllogisme n’est pas applicable dans le cas présent. En effet, ces derniers temps nous avons constaté une hausse des prix de certains médicaments dans les pharmacies. Alors que le gouvernement avait récemment promis d’exonérer certains médicaments dans le pays pour « accompagner » les pharmacies en cette période de crise sanitaire, ces dernières sont contraintes de revoir à la hausse certains produits « pour ne pas les vendre à perte ».
Par exemple, le doliprane qui était vendu à 1000 Fc est aujourd’hui à 1200 FC, encore faut-il le trouver. Le dispositif de test grossesse passe de 1100 Fc à 1500 FC. Selon un pharmacien de la place, cette hausse s’explique du fait que les taux de la douane ont augmenté d’une façon considérable. Selon lui, les frais (des médicaments) sont passés de 11% à 12,5%, tandis que les frais des réactifs (tests de grossesse, appareil glycémies, bandelettes glycémie) sont fixés à 48,5% contre 47% auparavant.
« La situation est difficile ! L’Anamev nous facture pour chaque commande, sans oublier la douane et l’augmentation des prix chez les fournisseurs vu la crise sanitaire mondiale. On nous augmente le prix partout. On fera comment pour s’en sortit si on veut maintenir les prix d’antan ? », s’interroge notre interlocuteur. Et d’ajouter qu’ « aujourd’hui, nous sommes obligés de payer à un transitaire une somme qui peut aller jusqu’à 25.000 KMF vu la charge de travail supplémentaire ».
En pleine crise sanitaire, le gouvernement avait promis une exonération des médicaments et du matériel Covid. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. « Concernant l’exonération, la douane nous dit que ce n’est pas paramétré dans le système. Donc, on ne peut pas être exonéré. Qu’est ce que vous voulez qu’on fasse ? On a besoin de nos médicaments en urgence. On n’a pas le temps d’appeler X ou Y pour faire appliquer ce que la ministre a dit », se résigne notre source.
Ce dernier a rappelé qu’avec la covid-19, certains médicaments sont interdits à l’export et que les pharmaciens sont obligés d’essayer de trouver des génériques avec certains confrères. Ce qui est loin d’être une sinécure. « C’est compliqué pour nous pharmaciens. Même pour un seul médicament, on est obligé de payer la licence de l’Anamev, alors que la loi de finances ne l’a indiqué nulle part. La seule réponse que nous avons eue de l’Anamev est que les 10.000 Fc sont pour le frais de déplacement de l’inspecteur. Aujourd’hui l’on ne peut pas nous demander de baisser le prix si on ne fait que nous rajouter des taxes et qu’on augmente les taux de douanes ».
De son côté, le directeur de l’Anamev, le Dr Saïd Ahmada Fazul fait savoir que les 10.000 Fc de la licence n’y sont pour rien. « C’est une facilitation, car si l’on fait la commande d’un conteneur, le prix est le même. Donc ce ne sont pas les 10.000 Fc qui doivent être la cause » de cette hausse. Notons qu’il faut avoir les bras longs pour s’arracher une boite de doliprane ou d’anticoagulants. Ce dernier médicament est très recommandé en ces temps de covid-19 car il vise à empêcher la formation des caillots dans les vaisseaux sanguins.
Andjouza Abouheir
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