Pour la énième fois, l’association Ebony Magic Girl a organisé ce vendredi 10 janvier à Moroni, une conférence sur l’endométriose, qui touche 10 femmes sur 40 dans le monde. Cette maladie silencieuse perturbe la fertilité de 30 à 40% des couples et reste encore largement méconnue aux Comores. Elle a réitéré son appel à briser les tabous et à renforcer la sensibilisation pour une meilleure prise en charge des patientes.
« Une douleur n’est jamais normale », raison pour laquelle, il faut briser le tabou sur les règles douloureuses. A Moroni, l’association Ebony Magic Girl a tenu une conférence ce vendredi 10 janvier, pour sensibiliser sur cette maladie invisible, l’endométriose, une maladie chronique qui affecte des millions de femmes dans le monde, souvent dans le silence et l’incompréhension. Cet événement a réuni des experts en santé, des activistes, et un public désireux d’en savoir plus sur cette pathologie encore taboue.
Dr Rahia Madi Soilihi, gynécologue, et Dr Marie-Anne Nadhifou, médecin généraliste et présidente de l’association, ont mené les échanges en apportant des explications sur la maladie et ses conséquences. Dans son intervention, Dr Marie-Anne-Nadhifou a souligné la symbolique derrière le nom de l’association qu’elle préside, Ebony Magic Girl. « Cela signifie la magie de la femme noire, une manière de célébrer la résilience des femmes africaines qui, malgré la douleur et les défis, continuent de vivre une vie normale », a-t-elle expliqué.
Créée en 2020 par Naïma Abdou Djaffar, une Comorienne vivant en France, l’association s’est donné pour mission de sensibiliser sur une maladie que sa fondatrice a elle-même endurée pendant des années avant d’obtenir un diagnostic. « Naïma a découvert qu’elle souffrait d’endométriose après avoir éprouvé des difficultés à concevoir. Elle a alors décidé d’agir pour qu’aucune autre femme ne traverse la même souffrance dans l’ignorance », a ajouté Dr Anne-Marie.
Pour Dr Rahia Madi Soilihi, la conférence était une occasion de rappeler des données alarmantes : « 30 à 40% des couples rencontrent des problèmes de fertilité liés à l’endométriose. C’est une maladie qui reste sous-diagnostiquée, mais qui affecte profondément la vie de nombreuses femmes et leurs familles. » Elle a par la suite présenté les facteurs qui augmentent le risque de développer l’endométriose. « L’hérédité joue un rôle crucial. Si un membre de votre famille souffre d’endométriose, vos chances augmentent ». Ne jamais avoir eu d’enfants (nulliparité) est également un facteur de risque, tout comme une ménopause tardive. « Des cycles menstruels courts, inférieurs à 28 jours, et des règles abondantes et prolongées sont aussi des indicateurs à surveiller », explique-t-elle.
A l’en croire, les douleurs intenses pendant les règles (dysménorrhée) et celles ressenties lors des rapports sexuels sont des signes souvent négligés, mais révélateurs. L’endométriose est une cause fréquente d’infertilité chez les couples. Cependant, elle a tenu à souligner que certains facteurs peuvent réduire les risques : « Avoir plusieurs enfants et allaiter sont des éléments protecteurs contre l’endométriose », a-t-elle expliqué. Ces expertes ont appelé à une mobilisation collective pour soutenir les patientes :« Nous devons unir nos forces pour que les femmes comoriennes ne souffrent plus en silence. Sensibiliser et éduquer, c’est le premier pas vers un réel changement.» Notons que le 28 mars est désormais reconnu comme la journée internationale de lutte contre l’endométriose, une date clé pour sensibiliser davantage et encourager le diagnostic précoce.
Rappelons que l’association Ebony Magic Girl, active aux Comores depuis 2022, multiplie les actions de sensibilisation et les formations pour les professionnels de santé. Sa mission est d’accompagner les femmes touchées, d’informer la population, et d’améliorer l’accès aux soins pour une maladie qui reste un défi de santé publique majeur.
Mohamed Ali Nasra
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