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Santé nutrition / 3 questions au professeur Cheikh Mohamed H. Dehah « La malnutrition impacte sur beaucoup de choses »

Santé nutrition / 3 questions au professeur Cheikh Mohamed H. Dehah  « La malnutrition impacte sur beaucoup de choses » © : HZK-LGDC

Bien se nourrir est capital. C’est ce qu’explique le Professeur Cheikh M.H Dehah, point focal Nutrition au bureau du système des Nations Unies en Union des Comores, dans un entretien exclusif accordé à La Gazette des Comores / HZK-Presse. Une entrevue réalisée lors de la cérémonie d’officialisation de la plateforme nutritionnelle de la société civile.


Question : Que pensez-vous de la nouvelle plateforme nutritionnelle officialisée par la société civile ?

 

Cheikh M.H Dehah : C’est une idée que moi personnellement, j’ai proposé il y’a deux mois à Unono Family. Je leur ai demandés de voir la possibilité de prendre contact avec leurs collègues de la jeunesse et de la société civile pour mettre en place une plateforme ou un forum dédié à la nutrition. Vous savez, les gouvernements ont la vision stratégique, les partenaires font leur appui technique et financier et c’est la société civile qui joue ce rôle d’intermédiaire au niveau des communautés. Donc ce rôle, je pense qu’il doit être pris en charge correctement et le fait de focaliser leur travail sur une thématique qui est la nutrition-qui a fait ses preuves en termes de levier pour le développement- je reste convaincu que les Comores doivent profiter du climat de la volonté politique existante car le Gouvernement a adhéré à SUN (Scalling Up of Nutrition), un mouvement international qui a pour vocation d’élever la dimension de la nutrition depuis 2013. Les Comores ont élaboré leur politique nationale de la nutrition et ont mis en place une plateforme multisectorielle pour la nutrition et c’est tout à fait normal que la société civile prenne sa place dans cet échiquier de développement. Je pense que cette plateforme devrait pousser tous les communicateurs et intervenants en terme de développement socio-économique à réagir et c’est alors une bonne initiative.

 

Question : En tant que point focal du bureau du Système des Nations Unis, où en est-on sur le plan nutritionnel aux Comores ?

 

CMHD : Aux Comores, on a des données qui datent de 2012 sur la situation nutritionnelle. Ces données par rapport aux normes internationales sont parfois alarmantes mais depuis lors, cela fait quelques années qu'il n y’a pas eu d’enquêtes pour prouver si ces données sont toujours là ou si les choses ont évolué. Je suis convaincu que sur le terrain, il y’a un engouement, un engagement politique parce que c’est extrêmement important. Le technicien peut bien faire son travail mais s’il n y’a pas cet engagement politique, les choses ne peuvent pas évoluer, et celui-ci existe bel et bien. On peut dire que sur le terrain, toute la matière première est là, maintenant c’est de bien s’organiser et de bien capitaliser ce qui existe pour bien développer la situation nutritionnelle aux Comores.

 

Question : Dans cette optique, quel est votre souhait pour les Comores?

 

CMHD : Mon souhait est de voir le statut nutritionnel des enfants comoriens sous le meilleur du monde. Vous savez, un enfant bien nourri, c’est un adulte productif parce que la malnutrition impacte sur les capacités connectives de l’enfant, impacte sur les capacités pour travailler, sur les capacités à lutter contre les maladies. Elle impacte sur beaucoup de choses. Je pense qu’un enfant bien nourri, c’est un atout pour un pays et donc c’est quelqu’un qui serait productif dans l’avenir. Il est prouvé au niveau international que quand un pays n’investit pas dans la nutrition des enfants, c’est une perte qui peut aller jusqu’à 11% du PIB (Produit Interne Bruite) et ça ce n’est pas moi qui le dit. Ce sont des études très respectables au niveau international qui l’ont démontré et que le fait de mettre 1 dollar sur le statut nutritionnel d’un enfant, c’est récolté 16 dollars à son âge adulte. Ce qu’on souhaite vraiment, c’est ça. Tout est là. Il y’a les documents politiques qui sont là, la plateforme est passée en conseil de ministre depuis Novembre 2017, les partenaires sont prêts et s’engagent à appuyer le pays. Il y’a aussi un projet conjoint qui est là, en phase de préparation, qui doit être signé très bientôt pour appuyer les Comores à aller de l’avant et je pense qu’avec la volonté politique, la présence et l’engagement des partenaires et avec l’engagement, que je viens d’observer de la société civile, je pense qu’on peut aller très loin.

 

Propos recueillis par A.O Yazid

 


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