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des Comores

Santé : Le retour inquiétant du Sida aux Comores

Santé : Le retour inquiétant du Sida aux Comores © : HZK-LGDC

La 21e édition du colloque VIH-SIDA de l'océan indien se déroule actuellement aux Comores. Pour l'occasion, le point focal du VIH-SIDA, Dr Ahmed Abdourazak, a dressé un bilan inquiétant de la situation et présenté les initiatives mises en place pour limiter la propagation de cette maladie.


Cette réunion technique qui se tient du 4 au 6 novembre vise à promouvoir la lutte régionale contre le Sida. Il faut dire que ce colloque tombe à point nommé, en raison de la recrudescence des cas positifs sur le territoire national. En effet, selon le Dr Ahmed Abdourazak, les Comores enregistrent un total de 374 cas cumulés depuis la découverte de la maladie au pays en 1988, avec 86 décès. Alors que le pays connaissait une accalmie, l'année 2025 a malheureusement vu une augmentation alarmante, avec 74 nouveaux cas enregistrés contre 37 en 2024, soit le double. La tranche d'âge la plus touchée ce sont les 15 à 24 ans, avec une moyenne d'âge de 25 à 40 ans considérée comme cible sensible. Le Dr Ahmed Abdourazak a souligné que quatre décès ont été recensés en 2025, dont trois étrangers dépistés tardivement. Il a insisté sur l'importance du dépistage pour une prise en charge rapide et efficace.

 

Pour limiter la propagation de la maladie, les autorités sanitaires comoriennes ont mis en place plusieurs initiatives. Il s'agit notamment du système de l’IEC : Information, Education, Communication. Ceci auprès du personnel soignant et des citoyens. La mise en place de moyens de prévention, tels que les préservatifs, le dépistage gratuit et le traitement, est également une priorité. Le point focal a mentionné que des comprimés peuvent être prescrits aux personnes à risque, comme les prostituées, les homosexuels, les jeunes de 15 à 24 ans, les toxicomanes ou ceux qui ont des partenaires testés positifs. Pour réduire la prévalence du VIH/SIDA aux Comores, des campagnes de sensibilisation, d'éducation dans les milieux scolaires et auprès des communautés, de dépistage et de prévention sont d’usage. Ainsi que l’accès aux soins, notamment la distribution de moyens de protection et la prise en charge médicale des personnes touchées ou vulnérables. Mais l’accès aux soins quant au traitement de pré-exposition est encore à améliorer, malgré les efforts déjà entrepris.

 

Cependant, le programme sanitaire de lutte contre le VIH-SIDA au niveau national est confronté à des difficultés, faute de moyens. Le Dr Ahmed Abdourazak a lancé un appel au soutien pour renforcer le combat contre cette épidémie. Interrogé sur les obstacles rencontrés par les structures de santé, il regrette que les moyens soient « limités ». « L'État doit aider le Programme de lutte contre le VIH, bien que nous ayons le soutien du fonds mondial, mais il nous faut absolument des financements domestiques pour un renforcement », a-t-il déclaré. Il semblerait que certains partenaires commencent à se désengager, or, vu le contexte actuel avec la hausse des cas positifs, le besoin d’appui de nouveaux partenaires potentiels est plus que nécessaire.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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