Une réunion de coordination consacrée à l’accélération de la transformation numérique du système de santé comorien s’est tenue le 27 octobre. Elle a réuni plusieurs parties prenantes, notamment les opérateurs de télécommunications présents dans le pays ainsi que des partenaires techniques et financiers potentiels notamment l’UNICEF et l’UNFPA.
Parmi les avancées figure le DHIS2, une plateforme de collecte et d’analyse des données sanitaires qui contribue à orienter les décisions de santé publique. D’autres applications et instances y sont intégrées ou interopérables, notamment le registre électronique de vaccination, le système de gestion des médicaments et des intrants. Un dispositif de modélisation et de prévision des cas de paludisme est également développé dans cinq districts pilotes de Ngazidja.
À cette occasion, le Dr Chamsoudine Mohamed, spécialiste en santé publique et agent à la Direction des Informations et Statistiques Sanitaires (DISS), a présenté le bilan de mise en œuvre du Plan stratégique de santé numérique 2022. Sur les onze projets inscrits dans ce plan, un seul a connu une mise en œuvre significative, principalement en raison des contraintes financières qui freinent la réalisation des autres initiatives.
Au-delà de la gestion des données, la santé numérique représente une opportunité pour améliorer les soins de santé primaires aux Comores. Elle peut faciliter le suivi des patients, renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer la disponibilité des médicaments et permettre aux professionnels de santé de prendre des décisions. Elle contribue également à améliorer la continuité des soins, notamment dans les structures de santé éloignées des centres de référence. Dans cette dynamique, la télémédecine constitue un enjeu particulier pour l’Union des Comores, compte tenu de la configuration insulaire du pays et des difficultés d’accès aux médecins spécialistes. Les téléconsultations, la télé-expertise et le suivi à distance pourraient faciliter l’accès aux avis spécialisés pour les patients d’Anjouan, de Mohéli et des zones éloignées de Ngazidja, tout en limitant certains déplacements coûteux.
Malgré ces perspectives, le chemin reste long pour assurer une digitalisation effective du système de santé comorien. Le financement, le renforcement des infrastructures et des compétences, l’interopérabilité des outils ainsi que la coordination des acteurs demeurent des défis majeurs. La mobilisation des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers et des opérateurs privés apparaît essentielle pour concrétiser les projets prévus. L’enjeu est de faire du numérique non pas une simple modernisation technologique, mais un véritable levier d’amélioration de l’accès aux soins, de leur qualité et de la performance du système de santé national.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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