La Gazette

des Comores

Révision du code de la santé : La tension monte entre les pharmaciens et le ministère 

Révision du code de la santé : La tension monte entre les pharmaciens et le ministère  © : HZK-LGDC

Dans une lettre adressée au ministère de la santé, les pharmacies d’officine ont entamé des négociations avec le gouvernement et dans plusieurs sujets. Elles appellent le ministère de la santé à analyser leurs amendements sur le nouveau code de santé publique. Requête pour le moment ignorée.   


Malgré la grève déclenchée par les pharmacies il y’a quelques mois, les choses ne s’arrangent pas. Ces derniers mois, les pharmacies, le ministère de la santé et l’ANAMEV enchainent les discussions pour trouver un terrain d’entente. Dans une lettre adressée au ministre de la santé, les pharmaciens se sont exprimés sur plusieurs sujets dont la licence d’importation, le cas Ocopharma et la révision du code de la santé publique. Sur ce dernier point, les pharmaciens étaient très étonnés de constater le 29 mai dernier, le dépôt du projet de loi portant révision du Code à l’Assemblée nationale. Ces derniers avaient déposé le 26 mars 2020 auprès du secrétaire général de la santé leurs propositions d’amendements à rediscuter avec la ministre de la santé. Mais depuis, le ministère n’a pas réagi pour reprendre les discussions et ils craignent que la loi passe en catimini sans leurs amendements.

 

Concernant la licence d’importation par l’ANAMEV, les pharmacies demandent la levée de la note circulaire d’autorisation d’importation. Elles trouvent anormal de demander une autorisation d’importation à des pharmaciens qui avaient une autorisation d’exercer. « L’Anamev fait sciemment un amalgame entre une Autorisation d’Importation (AI) accordée aux grossistes répartiteurs et les pharmaciens. Nous sommes des pharmaciens d’officine qui nous livrons à une vente au détail des médicaments et non des établissements de vente en gros. Nous ne nous livrons en aucun cas à une vente en gros. Cet amalgame est indigne d’un établissement qui a été créé par le président de la République pour s’occuper de l’enregistrement des médicaments entrant dans le territoire national. Cela n’est pas acceptable », lit-on dans cette lettre en date du 05 juin dernier.

 

Les pharmaciens appellent à l’ANAMEV à s’attaquer aux importations illicites des médicaments sur le territoire national. « Ce ne sont pas les pharmaciens qui se livrent à des importations illicites des médicaments. L’Anamev se trompe de cible. Le problème se situe au niveau du marché de Volo-Volo et des importations illégales des dépôts sauvages. Nous ne savons pas pourquoi l’Anamev ne s’attaque pas à ce problème des dépôts sauvages à Moroni, à Anjouan et à Mohéli. On dirait qu’elle a des raisons que nous ignorons », poursuit-il.

 

Ils l’appellent aussi à remplir sa mission première qui n’est autre que l’enregistrement des médicaments sur le territoire national. « Aucun médicament n’a été enregistré et on ne sait pas quels sont les médicaments qui sont légaux et ceux qui ne le sont pas. Pourquoi ne remplit-elle pas sa mission première », s’interrogent les auteurs de la lettre.  Ces derniers se disent prêts à aider l’ANAMEV dans sa lutte contre les médicaments qui rentrent d’une façon illicite dans notre territoire et se propose de déposer auprès du ministère de la santé, de l’ANAMEV, des services des douanes, des laboratoires et des grossistes répartiteurs, une liste complète des pharmacies autorisées et agrées par le ministère de la santé. 

 

« Demander une Autorisation à un pharmacien pour chaque commande reviendrait à demander à un médecin de demander au ministère de la santé une autorisation pour faire une ordonnance »

Avant de mettre les médicaments à disposition des patients, l’ANAMEV impose aux pharmaciens un contrôle au dédouanement. Une décision jugée insensée et inacceptable. «  Nous ne sommes pas contre un contrôle de l’Agence du Médicament mais pas de cette manière. Le contrôle par l’Anamev doit se faire à posteriori. C’est d’autant plus nécessaire qu’en cette période de COVID l’approvisionnement est extrêmement compliqué et difficile. Pour nous, ce système ne fera que ralentir la bonne disponibilité des médicaments en Union des Comores et ne luttera pas contre le marché illicite des médicaments », préviennent les pharmaciens avant d’ajouter que « demander une AI a un pharmacien pour chaque commande reviendrait, pour imager cela, à demander à un médecin de demander au ministère de la santé une autorisation pour faire une ordonnance à chaque fois qu’il veut le faire. C’est un terrible non-sens ».

 

En ce qui concerne l’Ocopharma, les pharmaciens ont demandé au ministère à préciser le rôle d’Ocopharma dans la chaine de distribution des médicaments : grossiste ou détaillant. Selon les pharmaciens, les deux sont contraires à la loi de la concurrence. « Nous avions demandé la fermeture des cessions Ocopharma (non supervisés par des pharmaciens) ainsi que les nombreux dépôts pharmaceutiques », écrivent-t-ils, estimant que « l’Ocopharma doit importer des médicaments génériques et essentiels figurant sur la liste de l’OMS avec uniquement une vente aux hôpitaux et aux centres de santé ». Les pharmaciens ne comprennent pas pourquoi l’Ocopharma refuse la vente des spécialités aux pharmaciens d’officine. Depuis le début de la crise, la demande est simple: les pharmaciens appellent à la fermeture des cessions de l’Ocopharma.

 

MY

 


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