Dans les transports, dans bureaux administratifs et dans les places publiques, on ne parle que du discours du président de la République du lundi dernier annonçant les mesures à tenir pour se prémunir contre le Coronavirus. Les uns approuvent les décisions du chef de l’Etat pendant que d’autres estiment que le président est passé à côté des attentes des comoriens.
Plus de 60% des hommes et femmes que La Gazette des Comores a pu rencontrer hier n’approuvent pas le discours du chef de l'Etat prononcé ce lundi après midi sur les mesures à entreprendre sur l'épidémie du Coronavirus. Cependant, 40% épousent ce discours, affirmant qu'il s'agit, tout d'abord des mesures graduelles. « Sachez que ce n'est qu'un début. La maladie n'est pas du tout apparue dans les trois autres îles mais elle est déjà à Mayotte. D'ailleurs, dans son discours, le chef de l'État a salué les mesures prises sur place pour lutter contre la propagation du virus », avance Chaabane Saïd, un retraité de l'armée nationale.
Un employé de la présidence salue le discours du président de la République avant d’appeler la population à prendre les précautions nécessaires pour barrer la route au Covid-19. « Il est temps de limiter les festivités coutumières. Il ne faut pas attendre que la situation devienne grave pour tenter de réagir », dit-il. Un employé du ministère des affaires islamiques trouve qu’il n’est pas opportun de fermer les mosquées comme les autres pays musulmans. S'agissant de la fermeture des frontières, certains pensent qu’il est prématuré de le faire. « Plus 70 % des produits consommés dans le pays sont importés de l’extérieur », s'argumente Tachfika Mhadjou de l'Ascobef, qui s'explique ainsi dans un transport en commun ce mardi matin.
De l’autre côté, sont nombreuses, les personnes qui se disent déçus du discours du chef de l’Etat. Pour Assad, employé d'une entreprise d'Etat de la place trouve que le discours du président de la République n'a pas répondu réellement aux attentes des comoriens. « Le président a interdit les rassemblements de plus de 20 personnes. Mais il oublie qu’au Lycée, à l’Université des Comores et dans les établissements privés, ils sont des milliers à faire cours. Une décision qui n’a pas de sens », lance-t-il.
Mohamed Ahmed, un élève du secondaire voit en ces mesures une perte de temps. « On se connaît. Tant qu’il y’aura pas changement de mentalité, ces mesures n’aboutiront à rien », avance-t-il, avant d’ajouter que « vous verrez qu’une telle personne fera ceci parce qu’il un cadre ou un haut responsable. Vous verrez les Ukoumbi continuer dans nos villes et villages. Dans pareille situation, l’Etat doit prendre ses responsabilités ». Sur les mesures prises par le chef de l’Etat pour prévenir l’épidémie, certains espéraient voir les frontières fermées. Ce n’était pas le cas. « Pour moi, fermer les frontières, ça restait le moyen le plus efficace pour barrer la route au Covid-19 dans notre pays. Si on regarde aujourd’hui, la propagation se fait par l’arrivée des voyageurs », avance Said, un jeune militant. Ce dernier se demande pourquoi le gouvernement a interdit le rassemblement de plus de 20 personnes pendant que les écoles continuent de faire cours.
Ibnou M. Abdou
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