Reprise des activités de la clinique mobile après plusieurs mois d'arrêt en raison de la pandémie de la Covid-19. Un ouf de soulagement pour les résidents du village de Limbi à Anjouan qui avaient du mal à s'offrir des soins médicaux.
Après quelques mois d'inactivité en raison de la pandémie de coronavirus, la clinique mobile reprend petit à petit l'ensemble de ses activités dans l’île d’Anjouan, depuis la semaine dernière. Démarrée depuis le mois de février dernier dans le petit village de Limbi à Anjouan, la clinique mobile a aidé plusieurs femmes qui n'avaient pas les moyens pour s'offrir des services de consultation prénatale et la planification familiale.
« J’ai été prise en charge gratuitement par les sages-femmes dans la clinique mobile. J'ai pu faire ma consultation prénatale que j'avais envisagée le faire cette semaine à Domoni. Mais quand j'ai entendu par les agents de santé communautaire que la clinique allait venir ici aujourd'hui je me suis dit que je vais l’attendre et faire des économies », a déclaré Fatima Ibrahim.
D'autres femmes de Limbi attendaient impatiemment ce retour. « J’avais déjà bénéficié des services de la clinique mobile lors de sa première sortie c'était au début de ma grossesse. Maintenant je suis presque à terme je dois faire de l'échographie et j'ai pensé que cela a été déjà opérationnel dans la clinique mais malheureusement ce n'est pas encore le cas. J'espère que l'UNFPA et les autorités vont résoudre ce problème dans les meilleurs délais car je trouve que c'est vraiment urgent. Nous n'avons pas les moyens pour le faire dans le privé », a renchérit Nadhroiti Houmadi.
Cette reprise va beaucoup aider plusieurs femmes vulnérables qui sont affectées par la pandémie de Covid-19. Plusieurs femmes ont vu leurs économies et petits commerces s’effondrer durant cette crise sanitaire et ne disposent pas de moyens pour s'offrir des services de santé onéreux. Cette clinique mise en place par l'Unfpa en collaboration avec le ministère de la Santé, a pour but d'apporter des soins gratuits aux femmes enceintes chez elles en ce qui concerne les consultations prénatales, la planification familiale, l'échographie et d'autres services destinés à faciliter l'évolution de la grossesse de la femme et l'espacement des naissances.
Cependant, le constat a été fait, beaucoup des femmes souhaitent utiliser des produits de planification familiale, toutes n'y ont pas accès. Et selon l'EDSC-MICS II (Enquête démographique et sanitaire à indicateurs multiples, MICS II 2012), la demande de planification familiale a été estimée à 32%. En d'autres termes, un tiers des femmes âgées de 15 à 49 ans a besoin de contraception. Cependant, environ 14% des femmes sont satisfaites à ce besoin, ce qui ne représente que 41% de la demande totale.
L'utilisation de méthodes contraceptives modernes est plus élevée dans les zones urbaines (21%) que dans les zones rurales (11%). L'île de Ndzouani, par exemple, a une prévalence légèrement plus élevée (15%) que Ngazidja (14%) et Mwali (9%). Pourtant l'UNFPA fournit des contraceptifs au ministère de la Santé, qui a son tour les distribue aux hôpitaux et aux centres de santé à travers le pays. Ces produits sont distribués gratuitement aux utilisateurs qui souhaitent adopter des méthodes de planification familiale.
L’UNFPA appuie également le renforcement des capacités des sages-femmes en matière de soins obstétricaux et néonataux d'urgence, de soins obstétricaux d'urgence et de mortalité maternelle, ainsi que l'utilisation de techniques contraceptives modernes. L'on remarque une mauvaise fréquentation des jeunes femmes dans ces milieux, certains d'entre elles se trouvent encore dans les barrières culturelles.
Andjouza Abouheir
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